lundi 2 mars 2015

Voyage à travers l'histoire des flacons de parfums au Musée du Parfum - Museu del Perfum - de Barcelone

Quelques jours de vacances d’hiver à Barcelone, histoire d’échanger le climat hivernal blandinois contre un temps plus clément, presque printanier. Et retour sous la neige, comme il se doit !

Voici donc une petite famille  supplémentaire de touristes français dans cette capitale catalane qui en a l’expérience. Bien sûr, la visite du musée du parfum, c’était mon idée (très préméditée).  Avant de démarrer la visite, mes petits cœurs l’envisageaient comme un mauvais moment à passer mais il n’en a rien été. Musée de flacons de parfum peut-être, mais musée tout de même, et il y a toujours un style, une époque, une civilisation, une marque, une contrée à laquelle se raccrocher, un objet qui attire le regard, qui interpelle. Etonnements, rigolades et nombreuses photos pas toujours très bien cadrées.

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dimanche 2 novembre 2014

Visite du Musée du Parfum de Prissé : à la rencontre d'une passionnée et de ses 4000 (et plus) flacons de parfum de collection

Photo n° 1 : musée du Parfum de Prissé, vue d'ensemble

Je souhaitais depuis longtemps aller à Prissé afin de visiter le Musée du Parfum et, les derniers jours d'octobre ayant décidé de nous offrir leur plus beau soleil, je m'y suis enfin rendue.

Le Musée du Parfum se situe à Prissé (plus précisément : Colonge) dans le Beaujolais, non loin de Mâcon, à une soixante-dixaine de kilomètres de Lyon.

Il s'agit d'un musée privé, installé dans une gentilhommière qui abrite quatre chambres d'hotes et, ponctuellement, accueille des expositions artistiques.

A l'origine de ce musée, la collectionneuse de flacons de parfums Nathalie Lancier, qui offre au public un accès visuel à plus de quatre mille bouteilles de parfums, le fruit d'une passion qui dure depuis quarante cinq ans pour le parfum, et surtout ses écrins, sous toutes leurs formes.

La visite est totalement gratuite, il suffit de convenir d'un rendez-vous avec la propriétaire, et elle prendra le temps de vous accompagner tout au long de votre parcours, et de vous donner les explications nécessaires.

Pour ma part, j'y suis restée un peu plus d'une heure et demie, et j'espère y retourner prochainement tant le sujet est vaste, Nathalie se faisant un plaisir d'agrémenter la visite par des anecdotes surprenantes.

La palette des tailles des flacons de parfum est particulièrement étendue.

On y trouve des flacons miniatures, échantillons, flacons bijoux de type pendentif porte-parfum et, plus surprenant, un lot de très fines ampoules à parfum, pas plus épaisses que des épingles à cheveux, destinées à accompagner Madame lorsqu'elle voyageait en avion, chaque ampoule étant prévue pour dispenser un jour complet de parfumage.

La collection est constituée de flacons de parfum de taille classique bien sûr (entre 30 et 150 mL) mais aussi de formats plus généreux et, pour les amateurs de flaconages XXL, de nombreux factices de marques de parfums haute-couture.

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Photo n° 2 : Musée du Parfum de Prissé, Dans la Nuit - Worth

Produits plus spécifiques, des boîtes et pots destinés à contenir les parfums solides de type concrètes, des flacons de sels, des boîtes à poudres et fards parfumés sont également exposés, et avec l'aimable courtoisie de Nathalie Lancier, vous trouverez dans ce post quelques photos reprises sur le site internet du musée : http://www.museeduparfum.com.

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Photo n° 3 : Musée du Parfum de Prissé, nécessaires à poudre, maquillage...

La présentation est structurée selon les époques, par exemple la parfumerie des têtes couronnées, la naissance de la parfumerie moderne, les années folles et art déco, l'époque contemporaire et nous pouvons suivre les parfumeurs Houbigant, Piver, Guerlain, Coty, le Galion aussi bien que les créateurs de mode du XXème siècle qui ont fait du parfum un accessoire d'élégance incontournable.

Photo n°4 à gauche : Musée du Parfum de Prissé, Paris de Coty - Photo n° 5 à droite : Musée du Parfum de Prissé, l'univers rose fuschia d'Elsa Schiaparelli

 

 

 

 

 

 

 

         

         

Même banalisé, le parfum reste un produit précieux, un élixir olfactif dont l'habillage réjouit un sens supplémentaire, le sens visuel, et pour lequel les Lalique, Baccarat, Viard ont conçu des parures à la hauteur de l'enjeu.

Les lieux ont aussi leur importance, un pan de l'exposition est d'ailleurs consacré à Grasse. Nous pouvons aussi comtempler des flacons issus des pays de l'Est, des pays arabes, de Chine ou du Japon, ainsi que de la parfumerie américaine.

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Musée du Parfum de Prissé, flacon de parfum arabe. Ma photo (désolée pour le flash !)

Aimez-vous l'histoire de la parfumerie et les beaux flacons de parfum ? Le Musée du Parfum de Prissé contient forcément quelques spécimens dignes de ravir vos yeux ou de satisfaire votre curiosité. Voici ses coordonnées :

Le Musée du Parfum

Nathalie Y. Lancier

Route de Lamartine - Colonge - 71 960 Prissé - France

Tél : 03 85 37 80 73

http://www.museeduparfum.com

 

Photos n° 1, 2, 3, 4, 5 avec l'aimable autorisation de Nathalie Lancier, que je remercie pour son accueil chaleureux et sa passion qu'elle sait si bien communiquer.

 

 


jeudi 18 septembre 2014

« Jardins des cloîtres, jardins des princes… Quand le parfum portait remède » : une jolie exposition au Musée de Saint-Antoine-l’Abbaye

En région Rhône Alpes, rares sont les manifestations autour du parfum. Alors je me suis rendue avec plaisir et curiosité au Musée de Saint-Antoine-l'Abbaye, qui se trouve à un peu plus d'une heure de mon domicile. Cap sur Saint Marcellin donc, en prenant la petite route qui traverse Saint Siméon de Bressieux, verte, fraîche (ensoleillée ce jour-là) et qui jouxte, en se tortillant, la forêt domaniale de Chambaran.

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Le public parcourt différents panneaux comportant textes, images et même compositions parfumées pour illustrer le propos. Pour les sentir ? Facile : elles sont fixées au mur, actionnables par pression sur une petite poire à parfum, une flèche sur le mur indiquant l'endroit où va sortir la senteur.

Nous démarrons la visite par le parfum portant remède. La liaison se fait tout naturellement avec l'histoire de l'Abbaye. Du moyen-âge au XVIIIème siècle, le village de Saint-Antoine-l'Abbaye a abrité deux communautés à vocation hospitalière pratiquant la charité, ainsi que les soins aux malades et aux plus démunis. Les religieux cultivaient les plantes médicinales dans leur jardin et confectionnaient avec elles les produits de soins et parfums nécessaires à l'aromathérapie. Ils étaient aux premières loges pour combattre la maladie et les grandes épidémies, qui ont éclairci leurs effectifs aussi.

Découverte du "baume de Saint-Antoine", un remède employé dans la lutte contre le "mal des ardents" ou "feu de Saint-Antoine", dont nous savons aujourd'hui qu'il est lié à un champignon qui infecte les céréales, en particulier la farine de seigle. Tout près, se trouvent le vinaigre des 4 voleurs, l'eau de la Reine de Hongrie (dont l'usage, en 1370, marquerait la naissance de la parfumerie alcoolique), l'eau des Carmes...

Nous avançons dans le temps et découvrons les jardins des princes. La grande peste de 1348 ayant décimé le quart de la population européenne, les jardins des seigneurs se développent dans l'optique de se protéger des épidémies par les parfums.

Nous voyageons aussi, les échanges commerciaux et la découverte des nouveaux mondes enrichissant la palette des saveurs et des senteurs avec des épices, de la vanille, du cacao, du café, du thé, et des matières premières animales.

Grimaces d'enfants (et de parents) devant le vaporisateur d'extrait de civette. Et devant d'autres, car certaines compositions sont puissantes olfactivement. Je mesure aux visages et aux commentaires le décalage entre les parfums jugés de bon ton aujourd'hui et une esthétique olfactive pas si ancienne que cela.

Nous suivons les dates-clé de la profession de parfumeur,  longtemps hébergée par diverses corporations, et accédons aux fragrances favorites de quelques tout-puissants d'avant et après la Révolution Française.

Et nous voici en compagnie de la rose, la fleur qui orne et embaume tout aussi bien les jardins des cloîtres que les jardins des princes. Senteurs suaves. Je reste comme hypnotisée par le film sur la culture et la distillation de la rosa damascena au Maroc. Beauté des fleurs. Plaisir contemplatif.

Rose_illustration_visite_au_musee_Saint_Antoine_l_Abbaye.jpg

Une porte ouverte nous attire vers un petit jardin frais et très structuré. C'est le "jardin médiéval, entre Orient et Occident". Laissons reposer un instant nos nez remplis des effluves de plusieurs siècles d'histoire du parfum. Et terminons la visite en regardant les pomanders (destinés aux parfums solides), les vinaigriers (destinés aux parfums liquides) ainsi que les flacons en porcelaine et en verre qui soulignent les progrès technologiques faits à partir du XVIIIème siècle sur ces deux matériaux et illustrent les trésors d’inventivité et de créativité artistique déployés depuis.

Je suis sortie enchantée de cette visite à entrée gratuite, au riche contenu historique et olfactif. L'historienne Annick Le Guérer est la commissaire de l’exposition et des textes. Elle est l’auteure, entre autres, du livre éponyme "Quand le parfum portait remède… Jardin des cloîtres, jardins des princes" aux éditions Garde-Temps, "Le Parfum, des origines à nos jours" aux éditions Odile Jacob, "Les pouvoirs de l’Odeur" aux éditions Odile Jacob.

Je trouve que Saint-Antoine-l’Abbaye est un village qui mérite plus qu’une simple visite au musée. Homologué parmi Les Plus Beaux Villages de France ®, il propose des visites permanentes du patrimoine et des expositions temporaires comme, du 6 juillet au 5 octobre 2014  : "Gemmes, une brillante histoire" et fournit un cadre intéressant pour une journée en famille.

L’exposition sur les parfums se terminera le 10 novembre 2014.


dimanche 25 mai 2014

Un parfum de fête des mères

Voici deux semaines que je reçois mon lot d’emails et de SMS sur le sujet de la fête des mères.

La mienne n'est plus. Je vis cette date avec un pincement au coeur, car, de son vivant, la fête des mères était une occasion de rapprochement, souvent géographique, parfois seulement un appel téléphonique plus long que d'habitude, et, forcément, un cadeau. Fort différentes l'une de l'autre, séparées par une grande différence d'âge, nous n'étions ni copines, ni rivales, juste une mère et son unique enfant. Avant de devenir mère à mon tour, j'étais étonnée qu'il puisse exister autant d'amour d'elle vers moi, malgré un manque d'affinités évident. Je pouvais exprimer le mien sans mot dire, en présentant un cadeau parfumé, lors de la fête des mères, mais aussi lors des anniversaires, des fêtes de fin d'année. Les parfums étaient comme un langage commun, plus efficaces que les mots. Je connaissais ses goûts, certes, mais j'ai aussi pris quelques risques, je lui en ai fait prendre...

Maintenant qu'elle n'est plus là, j'envie celles et ceux qui ont encore la possibilité de vivre ces moments. Et lorsque mes émotions prennent le dessus, je me réconforte en sentant, des matières premières, des parfums aboutis, le ventre de mon chat, peu importe. Il y a toujours une senteur qui me surprend, qui m'entraîne dans un monde encore inexploré, m'accompagne durant ce voyage et me dépose sur le quai avec la sensation que la vie vaut encore la peine d'être vécue. En ce moment, il s'agit d'une huile essentielle de rose de Damas en provenance d'Iran, et d'une teinture de fleurs de tilleul.

Alors voici pour vous la photo de quelques joyeuses petites fioles de parfums  vintage avec leurs  rubans colorés :

WALKING_STICKS_BY_COTY.jpg

 Walking Sticks by Coty (encore un de mes caprices au salon du parfum et des accessoires de mode de Mornant - 2014)

De gauche à droite : les charmantes petites éprouvettes de Paris, Muguet, Emeraude, L'Origan, L'Aimant de Coty.

 


dimanche 2 mars 2014

Souvenirs du salon du parfum et des accessoires de mode de Mornant, le 2 mars 2014

COTY_EMERAUDE_FLACON_ET_DESSUS_DE_BOITE_REDUITE.jpg

En ce dimanche ensoleillé, je me suis rendue, accompagnée d'une amie créatrice de collants, au salon du parfum et des accessoires de mode qui se déroule chaque année à Mornant, charmante bourgade rhodanienne.

Nous devons cette manifestation à l'Association des Amis des Arts de la Région de Mornant, qui organise différents temps forts en lien avec les arts (salons, expositions, ateliers) tout au long de l'année.

Un lien vers cette association : http://www.amisdesarts.org

Un salon où les collectionneurs, fidèles au rendez-vous, exposent et vendent des pièces pour en racheter d'autres plus proches de leurs préférences. On y trouve toutes sortes de flacons de parfum miniatures, des échantillons, des flacons grand public ou des éditions limitées, des flacons factices aux tailles imposantes, des cartes parfumées, des objets publicitaires, des coffrets, des gammes collectors et quelques flacons de parfums anciens dont un peu de jus réside encore à l'intérieur. C'est à ces flacons-là que j'ai accordé le plus d'attention, reniflant autour du flacon en espérant sentir dans le carton ou près du bouchon un effluve de tel ou tel parfum ancien disparu des boutiques depuis longtemps (attention à ne pas ouvrir les flacons !).

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Les deux photos ci-dessus : Emeraude, de Coty. Contenance de la miniature : 0.40 Oz (env 12 mL)

Date de la création du parfum : 1921. Datation de cet objet : ?

Le bouchage est un peu déficient, ce qui explique les tâches du jus sur l'écrin lorsque la bouteille a été couchée. Le parfum a forcément subi quelques séquelles, mais je témoigne que sa fragrance est particulièrement intense et capiteuse. Après une entrée en matière en agrumes, ma première perception a été un bouquet floral poudré, où le jasmin et l'iris domineraient. Puis, je perçois des notes ambrées, baumées mais bien soutenues par un fond boisé en balance avec  son onctuosité poudrée.

Ce parfum n'existe plus tel quel mais on peut aisément trouver une version Cologne d'Emeraude de Coty sur des websites anglophones. La concentration est allégée et cette fois-ci, l'acidité des agrumes est bien perceptible. Cependant, le bouquet floral caractéristique est toujours présent, avec ses notes irisées, légèrement gourmandes et il permet à cette Cologne une installation dans le temps.

COLOGNE_SPRAY_EMERAUDE_COTY_2014.jpg

 

Puis, je suis tombée sous le charme d'un flacon dont je n'ai pas pu sentir la fragrance, car il est tout simplement impossible à ouvrir !

Il s'agit d'Intoxication, des Parfums d'Orsay. Sur le web, je lui ai trouvé plusieurs dates de création : 1938, 1939 et même 1942.

Je trouve ce nom plutôt dévalorisant pour un parfum. Une suite, nommée "Intoxication d'Amour" n'est plus commercialisée actuellement non plus.

Le design de la boîte et le graphisme sont un poème à eux tous seuls. La base du  flacon, en forme d'astre à dix branches, s'insère parfaitement dans celle de la boîte, recouverte d'une étoffe rose assortie à la couleur intérieure du flacon.

INTOXICATION_D_ORSAY_BOITE_FERMEE_OUVERTURE_VISIBLE.jpg

INTOXICATION_D_ORSAY_BOITE_FERMEE_COTE_DOS.jpg

Et voici le flacon d'Intoxication dans sa boîte ouverte :

INTOXICATION_D_ORSAY_BOITE_OUVERTE.jpg

J'ai aussi craqué pour cette image publicitaire au graphisme si romantique :

IMAGE_PUBLICITAIRE_D_ORSAY_AVEC_FLACON_INTOXICATION_DEVANT.jpg

La maison de parfums d'Orsay trouve son origine en 1830 dans l'histoire d'amour contrariée entre le jeune Dandy Alfred d'Orsay et Marguerite, initialement l'épouse d'un autre.

Pour en savoir plus, voici un lien vers le site des Parfums d'Orsay : http://www.dorsay-paris.com

 

Voici une page publicitaire du parfum Ma Griffre de Carven, avec le slogan "Ma Griffre, un parfum jeune". Créé par Jean Carles en 1946, ce parfum est un floral (jasminé) aldéhydé aux notes de têtes citronnées particulièrement toniques. Son emballage fait référence à une robe aux rayures vertes et blanches qui fut un succès de la maison Carven et aujourd'hui encore, les boîtes le contenant ont toujours ce design rayé vert et blanc. (http://www.carven-parfums.com)

MA_GRIFFE_CARVEN_IMAGE_PUB_AVEC_DEVANT_FLACON_ET_BOITE_ACTUELLE.jpg

 

J'ai aussi acquis une édition limitée récente de type "rouleau de l'Empereur" de l’eau de Cologne extra-vieille « Jean-Marie Farina » de Roger et Gallet. Le flacon est au tiers plein, très belle senteur !

ROGER_ET_GALLET_COLOGNE_JM_FARINA_ANCIENNE_EDITION_LIMITEE.jpg

Voici ce qui est inscrit :

Distillateur à Paris depuis 1806

Ancien Fournisseur

de sa Majesté Napoléon 1er Empereur et Roi

Et des principales Cours d’Europe

ROGER_ET_GALLET_ROULEAU_DE_L_EMPEREUR_ZOOM_ETIQUETTE.JPG

Et voici une des versions commercialisées en 2014 de l'eau de Cologne Jean Marie Farina (http://www.roger-gallet.fr) :

ROGER_ET_GALLET_COLOGNE_JM_FARINA_RECENTE.jpg