Tag - Parfum naturel

mardi 10 janvier 2017

Un Noël blanc réchauffé par les senteurs envoûtantes des pins, des cèdres et des genévriers

En ce jour de neige où j'écris tranquillement, les jambes sous un plaid et entourée de deux adorables chats ensommeillés, je profite de l'occasion des voeux pour l'année qui commence pour partager avec vous quelques instants choisis de l'année qui finit.

Nous eumes un Noël blanc. Pas un Noël enneigé, certes, mais une semaine où la couleur blanche fut omniprésente, régissant le givre, les nuées de brouillard opaque et ce froid glacial qui nous aurait volontiers anesthésiés durant cette dernière semaine de décembre.

Jardin blanc de Sainte Blandine hiver 2016

Ci dessus : quelques branches joyeusement givrées dans mon jardin !

Cette couleur blanche, épaisse et cristalline, qui transforme la végétation engourdie en un jeu d'ombres grises et brunes, cette couleur que l'on entend comme un silence, comme la campagne endormie alors qu'il est déjà onze heures du matin et que l'on se demande si tout ceci est bien réel, pellicule pâle si fragile que la toucher serait l'abimer, alors on laisse simplement la nature se réchauffer et nous faire oublier cette parenthèse enchantée.

Je me rappelle nos conversations avec Roseline Giorgis, lors de nos essais de peinture parfumée, nous n'avions finalement associé aucune huile essentielle à notre peinture a tempera de couleur blanche, et avions proposé aux visiteurs de l'exposition "Senteurs Pigmentées", à l'Isle-sur-la-Sorgue l'été dernier, de nous raconter la senteur que la couleur blanche leur évoquait.

telle une dentelle, une toile d'araignée givrée du jardin de Sainte Blandine

Photo ci-dessus : sous l'effet du givre, une toile d'araignée s'est transformée en dentelle

Le calendrier des ateliers à l'année m'amène à sélectionner en ces jours frileux la palette des huiles essentielles et absolues qui constitueront les matières phares de la séance du groupe perfectionnement, consacrée aux conifères. Cèdres, pins, genévriers, des huiles essentielles que l'on imagine plus facilement dans la palette de l'aromathérapeute que dans celle du parfumeur du dimanche. Entourée de touches à sentir, je constate que mon affection pour ces matières ne faiblit pas, qu'elles me plaisent olfactivement et aussi par le réconfort qu'elles m'offrent gentiment.

aiguilles de conifères givrées entremêlées Sainte Blandine

Photo ci-dessus : aiguilles mortes et vives entremêlées un jour de gel dans mon jardin

L'huile essentielle de pin sylvestre me renvoie à une figure masculine, introvertie, sobre et sombre. Richesse de notes et de contrastes, tantôt boisé écorce, carboné, tantôt épicé, relevé d'aromates, ou bien sucré, limite farineux, il essaie de contenir, sous son lourd manteau brun, une fraîcheur qui ne demande qu'à s'exprimer au grand jour. Qu'est-il arrivé à ce personnage, quel triste évènement aurait pu lui ôter à ce point l'envie de se livrer ? Sa térébenthine, par contre, me transporte en altitude, et m'offre une bouffée du bon air des cimes en plus de ses jolies notes fraîches de résine.

Les touches parfumées des huiles essentielles de baies de genièvre et de rameaux (incluant les baies de genévrier) se relaient sous mes narines et diffusent leurs notes chaleureuses et corsées. Paradoxalement, c'est l'huile essentielle issue de la distillation des rameaux incluant les baies qui me ramène au plus près, et au plus souvent, à la fameuse baie qui parfume la choucroute. L'odeur sombre et rugueuse des branches évolue et laisse s'épanouir au fil des heures une infime floralité, douce et sucrée. Les baies de genièvre distillées racontent avec éloquence une tout autre histoire, celle d'animaux de ferme qui m'nvitent dans leur humble refuge. J'y partage leur chaleur, leur fatigue, leur promiscuité. Je trouve leur compagnie apaisante, et je leur promets de trouver quelques beaux accords à créer avec l'huile essentielle de baies de genièvre.

Une nouvelle huile essentielle est arrivée dans la palette : l'huile essentielle de cèdre de l'Himalaya, qui ne s'en laisse pas conter. Tels deux frères en compétition pour la dernière part de dessert, le cèdre de l'Atlas (cedrus atlantica) et le cèdre de l'Himalaya (cedrus deodora) se livrent à une joute olfactive qui laisse mes narines et mon cerveau perplexes. -"Tu vois, nargue le cèdre de l'Himalaya, moi je plais aux filles, avec ma note solaire et puissante qui rappelle la gaulthérie, et aussi ce je ne sais quoi d'abricot confit et d'huile d'olive qui forme sous les narines un baume enchanteur... et oui, tu sais ce que ça veut dire ? J'évoque l'osmanthus, rien que ça !" - "Alors si tu crois que tu m'impressionnes, rétorque le cèdre de l'Atlas, HaHa, laisse-moi te dire que des comparaisons flatteuses, moi aussi, j'en ai eu, et pas des moindres, avec les parfums ambrés, avec les cires qui soignent et redonnent leur éclat aux meubles en bois, avec le cuir des bottes, qui protègent du froid les pieds des hommes, et même avec le magique opoponax. Je suis utile, et ma senteur est sollicitée pour de nombreuses coopérations : l'absolue de vanille, le labdanum, la mandarine, le gingembre, et même le curcuma qui n'attend qu'un signe de moi. Tu comprends à qui tu parles ?" Sidérée par un tel échange, je constate qu'aucun des deux ne revendique la facette "toilettes publiques un soir de fête" si chère à ma mémoire, pourtant...

L'huile essentielle issue de la distillation des aiguilles de sapin baumier vient à point pour balayer ces effluves, et sème un climat de début de printemps, une légère brise dans les branches, convoque la chlorophylle qui refait surface et la sève qui remonte dans les végétaux tandis que fond la neige. Tonique, intense, durable, sa senteur réveille l'envie de courir dans les prés, bras grands ouverts ! Quelques notes de liqueurs de plantes médicinales viennent compléter ce réjouissant tableau où la couleur verte joue de ses nombreuses nuances.

La nuit se pose et les Terres Froides où je réside portent leur nom mieux que jamais. Les notes typiques du crayon de papier fraîchement taillé de l'huile essentielle du cèdre de Virginie sont douces, discrètes et élégantes. Tout en retenue. Plus chaleureux est le cèdre du Texas, dont l'huile essentielle, bien que fort semblable à celle du cèdre de Virginie, exprime des notes plus rondes, plus compactes, qui me rappellent de façon lointaine le vétiver Bourbon et même une boisson cacaotée dont je ne citerai pas le nom. Difficile de les imaginer en frères qui s'apostrophent bruyamment comme les deux cèdres... Ce ne sont d'ailleurs pas des cèdres, mais deux genévriers, le juniperus Virginiana et le juniperus Mexicana, ce dernier incarnant à mes yeux un homme accueillant, sociable et courtois, tandis que le premier préfèrera un certain retrait pour préserver un caractère sans concession.

belles aiguilles blanches jardin Ste Blandine

Photo ci-dessus : fantaisie d'aiguilles cristallisées sur fond brun velours - Jardin de Sainte Blandine

Enfin le bois de cade. L'évocation d'une couleur brun anthracite. La terre et l'ardoise. Un juniperus dont l'huile essentielle toute simple, extraite de ses rameaux distillés, m'entraîne dans les bois secs d'Ardèche du Sud, sous un soleil d'été. Branches friables qui cassent facilement. Puissance poivrée qui pique ma gorge et l'assèche. Clope fumée jusqu'au mégot. Chaleur sublime qui me fait oublier, le temps de quelques bouffées, la froideur saisissante de l'hiver.


mardi 5 mai 2015

Interview de Roseline Giorgis, cultivatrice de roses centifolia Baptistine à l'Isle sur la Sorgue, productrice d'absolue et d'hydrolat aromatique

Les beaux jours de la fin du mois d'avril m'ont donné l'opportunité de me rendre dans le sud de la France, à l'Isle sur la Sorgue, à la rencontre de Roseline Giorgis.

Roseline est cultivatrice de roses de Mai, appelées aussi roses "centifolia" en raison du grand nombre de pétales de la fleur, ou roses "de Grasse", s'agissant bien de notre capitale mondiale de la parfumerie, où cette rose est cultivée usuellement, pour en extraire une absolue rare et précieuse ainsi qu'une eau florale.

La particularité de Roseline, outre le fait que ses rosiers centifolia sont cultivés dans le Vaucluse (donc finalement pas si loin de Lyon), est le développement d'une nouvelle rose centifolia, la Baptistine, suite aux recherches de son père Baptistin Giorgis, disparu prématurément.

En plus d'un accueil chaleureux, cette femme authentique et passionnée m'a fait l'honneur d'une petite interview.

Roseline Giorgis portrait

Roseline Giorgis, cultivatrice de roses centifolia Baptistine et Présidente de l'association Rose des Arts.

Bonjour Roseline, comment décrivez vous votre activité professionnelle aujourd'hui ?

"Bonjour,

Mon parcours est atypique. Destinée à devenir parfumeur, ma passion pour l'art et la recherche m'ont tracé une carrière de créateur tour à tour dans le design, la peinture, jusqu'au brevet d'obtention d'une fleur d'exception.

La rose centifolia Baptistine que mon père, parfumeur Grassois, avait entrepris de chercher et que j'ai labellisée puis mise en culture à un niveau professionnel en étudiant au passage la permaculture biologique. Ceci a permis de proposer au public un jardin harmonieux plus qu'une exploitation agricole, où l'étude du rendement se fait en biodiversité dynamique avec, autour des roses, toutes sortes de plantes aromatiques et médicinales que nous avons prélevées dans la nature et apprivoisées en se cultivant (en cultivant les plantes, on se cultive soi-même !)... Pour aboutir à ces jardins de la Rose et du Parfumeur sur 2 ha, ouverts au public, présentant 200 végétaux d'origine sauvage méditerranéenne avec leur fiche identitaire sur un parcours de promenade botanique."

Présentez-nous votre rose, la rose centifolia Baptistine : ses caractéristiques, son histoire...

"La rose Baptistine est une vraie Rose de Mai centifolia de 108 pétales, très odorante, dans la lignée des roses Provençales cultivées au XVIIIème siècle, disparues à la suite d'un fléau bactérien vers 1800.

Joséphine de Beauharnais la recherchait déjà.

Mon père l'a retrouvée et j'ai stabilisé sa souche en culture et apporté l'identification botanique avec un brevet d'obtention végétale européenne."

Quels produits vendez-vous aujourd'hui à partir de vos rosiers centifolia Baptistine ?

"La concrète est extraite des roses en usine et se divise en huile absolue pure de rose et cire de rose parfumée.

La distillation en distilloir de cuivre est pratiquée sur place, au jardin, avec notre eau de source de Fontaine de Vaucluse très pure et pauvre en sels minéraux. La richesse des premiers litres extraits a permis de fractionner l'hydrolat en deux qualités, dynamique et biologique :

. L'eau Riche : très concentrée, contient de l'huile essentielle naturelle en dilution, antioxydante et parfumée.

. Et l'eau Classica : très hydratante et légèrement parfumée, utilisée en cosmétique et gastronomie.

La Rose est très douce, sans aucune amertume de pétales, ouvrant largement le champ gastronomique.

Les roses congelées en froid ventilé permettent leur utilisation en différé.

Nous proposons des roses séchées pour le thé.

Nous avons une gamme cosmétique bio frais sans alcool ni conservateur : contour des yeux, crème de jour et crème de nuit.

Nous présentons un baume à lèvres."

Parlons senteurs : comment décririez-vous l'odeur de l'absolue de rose issue de vos récoltes ?

"Ma rose est une rose de coeur.

Humer l'absolue facilite la méditation car elle écarte les parasitages et soutient la concentration nécessaire à l'ouverture de l'esprit. Mon absolue est millésimée, elle a le droit d'être un peu différente d'une année sur l'autre, contrairement à la production industrielle qui vise à produire des matières premières à l'identique, ce qui oblige à mélanger les millésimes.

L'absolue est puissante et stable, sans véritable note de tête, elle développe son bouquet en notes de coeur chaudes et offre de la profondeur en notes de fond.

L'éblouissement est son sillage tel un souvenir d'enfance heureuse."

Avez-vous des produits, projets, dates qui vous tiennent à coeur et dont vous aimeriez nous parler ?

"La récolte dure tout le mois de Mai jusqu'au 10 Juin.

Venez partager ces moments.

Dans le cadre des rendez-vous aux jardins organisés par le Ministère de la Culture, nous aurons sur le thème de la ballade un concert de Gianfranco Buffa au piano samedi 6 Juin à 21 h.

Tout l'été, la visite des jardins se poursuit avec dégustation de thés aromatiques glacés, bouchées gourmandes, biscuits, sorbets et Champagne à la rose.

Vous retrouverez ces produits sur le site http://www.lesartsdelarose.com et son histoire sur http://www.rosedesarts.com"

 

Merci beaucoup Roseline.

Pour ma part je suis ravie d'avoir fait l'acquisition de quelques millilitres d'absolue de rose centifolia Baptistine.

Celle-ci sera présentée, en plus des huiles essentielles et absolues de rose de Damas, parmi les matières premières lors du prochain atelier des Parfumeurs Amateurs consacré aux soliflores (le dimanche 14 juin 2015) et les participants à l'atelier collectif à l'année auront aussi l'occasion de faire connaissance avec elle.

Je rejoins Roseline quant à la linéarité de sa rose centifolia Baptistine, douce, miellée, pétale, évoquant un après-midi ensoleillé et paisible, dans un jardin de rosiers en fleurs.

Plusieurs mots me viennent, loin des analogies concrètes censées permettre de qualifier et cerner les odeurs : consolation, innocence, fragilité, pureté... alors on va se calmer et passer à la photo !

Rose centifolia Baptistine de Roseline

Ci-dessus, une rose Centifolia Baptistine en provenance de Roseline Giorgis.

 

Les deux photos de cet article sont publiées ici avec l'aimable autorisation de Roseline Giorgis.


Atelier expérimental de peinture parfumée Atelier expérimental de peinture parfumée
99.00 €



samedi 21 juin 2014

Devenez "Chevalier du Parfum" en soutenant financièrement les actions de la Perfume Foundation International !

 

La Perfume Foundation International est une organisation belge sans but lucratif créée en 1995. Elle pose un regard qui vise à défendre le patrimoine historique et la qualité dans la création des parfums, tout en protégeant l'environnement et le consommateur. Dans cette vision, les matières premières naturelles et en particulier les fleurs retrouvent la place de choix qu'elles avaient perdue avec la montée en puissance de la parfumerie utilisant la chimie de synthèse.

Voici un lien vers sa vision des choses, exprimée en français : http://www.perfumefoundation.org/index2.php?FR-home.

1950_d_Isabelle_Gelle.jpg

Photo : 1950, un Chypré d'Isabelle Gellé (parfum naturel actuel)

Je vous invite tout particulièrement à visiter le blog de la Perfume Foundation International nommé  http://www.routesduparfum.blogspot.fr si vous désirez voyager dans le temps et parcourir le monde à travers le filtre du parfum, comprendre sa dimension culturelle et découvrir des photos de flacons de parfum qui sont à la fois des objets d'art et des témoignages du passé.

Si vous avez envie d'aller plus loin avec la Perfume Foundation International, voici un autre lien : https://www.indiegogo.com/projects/world-perfume-heritage, par lequel la Perfume Foundation International vous propose même de devenir un "Chevalier du Parfum" en soutenant financièrement son action. A vous de jouer !

 

Flacon_artisanal_Trior_Bijoux_Violet_dore.jpg

Flacon artisanal récent, de confection française


vendredi 20 juin 2014

Vous pouvez contribuer à la réhabilitation du patchouli aux Seychelles !

Je vous transmets ci-après un lien vers Indiegogo, qui recherche des mécènes pour faire aboutir ce projet, porté par :

  • un distillateur local, Mustafa Bristol (entreprise Globarom Seychelles)
  • une parfumeuse spécialiste de la parfumerie artisanale et naturelle, Isabelle Gellé (fondatrice de Les Parfums d'Isabelle et de la Perfumery Art School)
  • une passionnée de distillation artisanale et d'huiles essentielles, Andrea Butje, présidente d'un institut de formation à l'aromathérapie (Aromahead Institute)
  • la Perfume Foundation International.

Le patchouli, qui contribuait il y a 30 ans au développement local par l'exportation de ses feuilles séchées (insecticides) et de son huile essentielle (thérapeutique et vouée à la parfumerie fine), a été progressivement relégué au statut de mauvaise herbe et éliminé pour servir les intérêts d'un secteur touristique en plein essor aux Seychelles.

Voici le lien :

https://www.indiegogo.com/projects/seychelles-patchouli-revival-project

J’espère de tout cœur que vous serez nombreux à aller sur ce lien, à lire cet exposé jusqu’au bout, à contribuer et/ou à diffuser cette information, pour que cette plante trouve des familles d'accueil aimantes et que nous puissions, dans le futur, humer avec délectation ce patchouli « high seychellene » !

Bébés Patchouli, mai 2014, photo d'Isabelle GelléBébés Patchouli, juin 2014, photo de Mustafa Bristol

 

A gauche, les jeunes patchoulis, en mai 2014, photo d'Isabelle Gellé, à droite, les mêmes en juin 2014, photo de Mustafa Bristol... ça pousse !

En attendant, vous pouvez voyager avec les Parfumeurs Amateurs en venant sentir le patchouli d’Indonésie mis à votre disposition dans un atelier de création d’un parfum naturel de type boisé, chypré ou floral ou oriental. On l’adore ou on le déteste, mais on ne reste jamais indifférent au patchouli !

 

Article édité initialement le 29/05/2014 puis actualisé par les photos de mai et juin 2014, le 20/06/2014.


mercredi 23 avril 2014

Ouverture d'un atelier collectif de création de parfums naturels dans le cadre d'un loisir à l'année à Lyon Part V

Cet atelier à l'année envisagera la création de parfums naturels comme un loisir créatif.

Il s'adressera aux néophytes autant qu'à ceux qui ont déjà expérimenté le parfum "fait-maison", et permettra de partager cette passion à plusieurs.

Il se déroulera pendant une année scolaire, un dimanche par mois, au total 10 journées, soit 70 heures, d'octobre 2014 à juillet 2015.

Chaque séance procurera les connaissances de base nécessaires, fournira aux participants sujets à échanges dans une atmosphère détendue, et se clôturera par un exercice pratique. Pour les plus motivés, des activités facultatives seront prévues pour s'entraîner chez soi et patienter entre les séances.

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Copyright photo : Fotolia, Patryssia

Quelques questions qui reviennent souvent sur les parfums naturels :

Est-ce que les matières premières naturelles fournissent une palette assez large pour créer de beaux parfums ?

Clairement OUI. Déjà, la palette olfactive des huiles essentielles dépasse largement les senteurs typiques de l'aromathérapie. Les absolues, extraits au CO2 supercritique, hydrolats, isolats, teintures viennent l'enrichir encore. Les procédés d'extraction se diversifient et offrent de nouvelles nuances. L'univers des matières premières naturelles est en expansion !!!

Est-ce que les parfums naturels auront une bonne tenue ?

La tenue d'un parfum dépend de la volatilité des molécules qui le composent. On classe les notes en notes de tête (les plus volatiles et donc les plus éphémères), notes de coeur (volatilité intermédiaire) et notes de fond (les moins volatiles, qui tiennent du matin au soir, et même plus longtemps). Il y a, parmi les matières premières naturelles, de quoi fournir une grande variété de notes de coeur et de fond.

Est-ce que les parfums naturels peuvent ressembler aux parfums qui sont commercialisés de nos jours ?

Pas toujours. Les parfums modernes utilisent des matières premières synthétiques qui constituent une palette dix fois plus importante, donc certaines nuances seront moins facilement obtensibles. Les matières premières naturelles étant souvent plus onéreuses, on peut aussi dire que l'inverse est vrai et que les parfums synthétiques actuels ne ressemblent pas aux parfums naturels !

De plus, créer avec des naturels est une tâche souvent plus ardue, du fait de la richesse et de la complexité moléculaire des matières premières.

Faire son propre parfum naturel, ce n'est que mélanger des huiles essentielles dans de l'alcool ou de l'huile, alors à quoi les ateliers servent-ils ?

Participer à un atelier de création de parfums naturels à l'année permet :

  • d'éduquer son nez au sein d'un groupe et de progresser
  • d'être informé des précautions d'usage liées à l'emploi des matières premières naturelles et des divers supports
  • d'étendre sa culture parfum
  • d'apprendre à créer ses propres parfums naturels dans un environnement tranquille, convivial et bienveillant
  • de prendre du plaisir lors des activités proposées !

Parfumflakon in Rosa

Copyright photo : Fotolia, deepvalley


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A partir de 220.80 €



vendredi 17 janvier 2014

La base chyprée inspirée par ma promenade dans la campagne enneigée, 6 semaines après

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La formule postée le 20 novembre 2013 (post "Promenade dans la campagne enneigée") contient de fortes personnalités qui habitent tous les étages de la pyramide olfactive. Cette base chyprée a deux facettes prononcées : l’une gourmande, l’autre ambrée. 

Fève de tonka, amande amère et cacao réchauffent la mandarine verte, et augmentent la consistance des notes boisées telles que le cyprès, l’encens, le pin de Sibérie ou le cèdre de Virginie.  L’influence de ces senteurs caractéristiques de conifères est perceptible et, durant les premières heures, rend le mélange plus aérien.

Des touches de cade, de genévrier, de lentisque ou de galbanum auraient pu marquer la composition d’une tonalité verte, épicée, goudronnée, mais la facette gourmande de cette base chyprée l’emporte sur le reste.

Le caractère gourmand de la composition est aussi renforcé par le benjoin. Benjoin et labdanum s’entendent pour conférer au mélange une douceur baumée, un peu salée grâce à la contribution de la mousse de chêne.

J’ai retrouvé dans cette base chyprée les senteurs évoquées par ma  promenade sous la neige, ce matin d’automne qui,  surpris  par tant de blancheur, s’était  réfugié dans un silence feutré. Sa douceur chaleureuse évoquait l’approche de Noël. Je m’apprête à suivre cette piste olfactive. Je vais aussi tenter de me rapprocher de l’évocation de l’hiver vécue « du dehors » en rafraîchissant cette base et en l’allégeant.

A suivre…

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mercredi 20 novembre 2013

Promenade dans la campagne enneigée

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Je gare ma voiture près d'une haie. Ce matin, j'ai prévu de marcher sous la neige dans un petit village des Terres Froides. Je suis surprise, ce n'est pas "le petit chemin" mais ma voiture, le moteur à peine arrêté, qui sent la noisette...

Benjoin, Fève de Tonka, Cacao, Amande amère

Aujourd'hui, il y a panne générale d'électricité, et je suis tentée de dire que cela se sent. Les cheminées exhalent des senteurs de bois brûlé. Seuls le chasse neige et les tracteurs des paysans osent s'aventurer sur la route ce matin, et nous ramènent à des odeurs de civilisation.

Genévrier, Cèdre de Virginie, Cade

La neige enveloppe nos pas d'un son feutré et habille les paysages de coton. Elle recouvre aussi les senteurs, elle les estompe et les rend plus aquatiques. Quittons les routes, rapprochons nous des bois, et nous retrouverons les senteurs typiques de l'automne.

Mousse de chêne, Patchouli, Tea tree

Les arbres protestent, ils ont encore leur beau feuillage d'automne, aux reflets ocre, orange et doré. La neige n'a pas joué franc jeu en les recouvrant ainsi. Ils ploient sous la charge, parfois, ils lâchent, ils n'en peuvent plus, leurs branches se rompent et tombent, gare à ceux qui se trouvent en dessous !

Mandarine verte

Il n'y a pas que les enfants que la neige rend joyeux. Je croise des amis à quatre pattes, qui viennent à ma rencontre, me flairent et me font partager leurs effluves chaleureuses. Il neige, c'est un sujet de conversation qui vient s'ajouter aux "bonjours" habituels des promeneurs.

Niaouli, Labdanum

Je longe les maisons, il subsiste encore, de-ci, de-là, l'odeur des arbustes des haies fraîchement coupées. Senteur caractéristique et rassurante des jardins maîtrisés, à la fois boisée, tonique et verte.

Lentisque pistachier, Galbanum, Encens, Pin de Sibérie, Cyprès

Si j'ajoute quelques gouttes de bergamote, cette promenade dans la campagne enneigée m'amène doucement à l'idée d'une base chyprée. Voici que je lui donne vie. Je la dilue à 20% dans de l'alcool. Je vais la laisser reposer, je ne la sentirai pas avant 6 semaines.

Après, on verra bien comment je l'agrémenterai.

Gouttes (à titre indicatif, relatives à la contenance du gouttier et à la densité de l'HE) et grammes :

Benjoin absolue (styrax tonkinensis) diluée à 50% : 60 gouttes = 1,30g,

Fève de Tonka absolue (dipteryx odorata)  diluée à 50% : 6 gouttes = 0.20g

Cacao absolue (theobroma cacao) diluée à 10% : 2 gouttes = 0.10g

Amande amère HE (prunus armeniaca)  : 2 gouttes = 0.04g

Genévrier rameaux et baies HE (juniperus communis) : 2 gouttes = 0.07g

Cèdre de Virgine HE (juniperus virginiana) : 20 gouttes = 0.62g

Cade rectifié HE (juniperus oxycedrus) diluée à 5% : 2 gouttes = 0.04g

Mousse de chêne absolue (evernia prunastrii) diluée à 50% : 56 gouttes = 1.08g

Patchouli HE (pogostemon cablin) : 8 gouttes = 0.24g

Tea tree HE (melaleuca alternifolia) : 4 gouttes = 0.10g

Mandarine verte zestes HE expression (citrus reticulata) : 12 gouttes = 0.33g

Niaouli HE (melaleuca quinquinervia) : 4 gouttes = 0.11g

Labdanum absolue diluée à 50% (cistus ladanifera) : 40 gouttes = 0.62g

Lentisque pistachier HE (pistacia lentiscus) : 1 goutte = 0.04g

Galbanum HE diluée à 10% (galbanum ferula) : 2 gouttes = 0.04g

Encens HE (boswellia carterii) : 16 gouttes = 0.38g

Pin de Sibérie HE (abies siberica) : 20 gouttes = 0.44g

Cyprès feuilles et rameaux HE (cupressus sempervirens)  10 gouttes = 0.23g

Bergamote zestes HE expression, sans bergaptène (citrus bergamia) : 36 gouttes = 0.99g

 

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