Tag - Humeur parfumée

mardi 1 août 2017

Lancement des rencontres autour du parfum à Lyon, organisées par les Parfumeurs Amateurs

Parler du Parfum Sentir le Parfum Goûter le Parfum

Copyright photo Fotolia, Steschum

Après trois ans d'animations autour du parfum, je peux témoigner qu'une simple touche à sentir est étonnamment capable de créer du dialogue entre des gens qui ne se connaissent pas. Je me suis dit qu'il pouvait être intéressant d'ouvrir un groupe de conversation autour du parfum à Lyon, pour permettre aux gens qui s'intéressent aux senteurs d'échanger entre elles dans un climat convivial et respectueux. Il est demandé à chaque personne présente de contribuer à la séance, en participant activement aux échanges et, selon le thème, en amenant aux autres membres du groupe matière à sentir en direct.

J'ai choisi, pour lancer ces rencontres, la deuxième semaine d'août, que je nomme intérieurement la semaine paresseuse, ma "lazy week". Les juillettistes ont repris le travail, mais tranquillement, et profitent encore des soirées d'été dans leur jardin, ou à la terrasse du café du coin. Les aoûtiens rechargent les accus. Ma lazy week précède les réunions de famille du 15 août, ces dernières retrouvailles familiales avant de partir chacun de son côté, assommé par le voyage, la chaleur et la lourde tâche digestive, le coeur empli de la tendresse des êtres chers que l'on voit si rarement. Loin de moi l'envie de faire de cette semaine paresseuse une semaine laborieuse. Je vous propose de venir vous asseoir. De sentir des parfums. De prendre le temps. D'éveiller votre curiosité liquide. De vous désaltérer. D'offrir et de prendre des sourires.

Voici les thèmes des 5 rencontres autour du parfum prévues du 7 au 11 août 2017 :

Parfums aux résines (encens, benjoin, myrrhe, labdanum...)

Lundi 7 août 2017 de 18h à 20h

Que penser des parfums 100% naturels ?

Mardi 8 août 2017 de 18h à 20h

Venez présenter vos parfums préférés !

Mercredi 9 août 2017 de 18h à 20h

Comment choisissez-vous les parfums que vous offrez ?

Jeudi 10 août 2017 de 18h à 20h

Travailler en lien avec les parfums, quelles possibilités ?

Vendredi 11 août 2017 de 18h30 à 20h30

 

Notre lieu de rendez-vous sera le centre culturel Artesya, au 49 rue de Marseille à Lyon 7ème.

Pour des raisons d'organisation, il vous est demandé de vous inscrire et de verser une participation aux frais de 3€ par personne pour chaque réunion.

Seringat du Jardin de Ste Blandine

Seringa(t) du jardin de Sainte Blandine

 


samedi 18 février 2017

Animations olfactives en maison de retraite - témoignage personnel

Elles s'appellent Najat, Francette, Djamila, Karen ou Leïla. Elles sont infirmière, psychologue, animatrice, directrice, et oeuvrent pour que l'activité se déroule dans les meilleures conditions, qu'elle soit porteuse de sens dans le projet d'accueil de leurs résidents. Ce sont les fées qui se penchent au-dessus du berceau. En retrait, mais pas bien loin, le médecin (Merlin, of course).

Vient le jour J. Les touches parfumées circulent. Huiles essentielles de Rose de Damas, patchouli, vétiver, santal, absolue de jasmin grandiflorum, essence de clémentine corse... Sentir, être présent à l'instant. Ce la se passe au niveau du regard. Des traits du visage. Des silences. Puis réagir. Chercher des yeux la tête de son voisin, qu'est-ce qu'il en pense ? En parler. Mettre en mots ce qu'une grimace a parfois déjà dit. Ou un sourire. Raconter, grâce à ces petits prétextes odorants, un morceau de sa vie. Souvent avec pudeur. Parler du présent aussi. Echanger avec d'autres. Plaisanter, vanner parfois.

Plusieurs animations se sont succédées avec les mêmes personnes, j'ai eu la chance de mieux les connaître. C'est alors que la magie opère... Un monde d'Heroïc Fantasy se dévoile à moi, une autre époque, une autre histoire se superposent à celle de ces retraités fatigués, nourrie par la lumière qui brille dans leurs yeux, par leurs mots et leurs silences, leurs mouvements et postures. Comme des jouets dans un vieux grenier, qui n'attendent qu'une nouvelle génération d'enfants pour les ranimer, mes héros évoluent dans un monde parallèle, le monde de l'éternel recommencement.

Parlons de cette Dame, troisième fauteuil à partir de ma gauche. Elle s'active avec tant de bonheur lorsqu'on parle de plantes, de jardin. Elle ajoute des commentaires issus de son expérience, elle m'épate. Les infusions de plantes n'ont aucun secret pour elle. C'est ma Druidesse. Dans le monde où elle me transporte, il n'est pas toujours bon d'être une femme et de savoir soigner, d'avoir été choisie pour recevoir et à son tour de transmettre l'héritage de la nature et de ses bienfaits. Une grande intuition, une sagesse à toute épreuve lui permettent de rester intègre et de résister à la tentation du mal. Elle est d'un grand réconfort pour les femmes, qui ne la remercient pas toujours en retour. Elle a sauvé in extremis quelques enfants. Face à la détresse des hommes, elle sait se montrer discrète.

La Druidesse - illustration témoignage ateliers olfactifs en EHPAD

Copyright image Fotolia Erica Guilane-Nachez

Et ce Monsieur, en face de moi et au milieu des autres, vif et pertinent, observateur du monde autrefois, mon Voyageur au long cours. Sûrement parti trop jeune, trop loin, la tristesse du monde a envahi son regard. Il a traversé tant de contrées, par terre, par mer, il a connu le désert. Il a vécu de peu, d'un peu de tout, tentant de se faire discret, ne laissant ni la chair, ni la matière empiéter sur sa compagne Liberté. Un compagnon, si, il y eut un aigle autrefois, fragile, revêche, le suivant de loin, s'installant sur son épaule lorsqu'il éprouvait l'envie d'enrouler sa solitude autour de celle du Voyageur. Il a le sentiment que sa quête n'est pas finie, qu'il a encore un rôle à jouer, si fort, que son corps le crie malgré lui. Viens, petit Forgeron à l'âme de Chevalier, viens faire un bout de chemin et apprendre à ses côtés...

L'aigle royal du Voyageur - Illustration témoignage ateliers parfums en maison de retraite

Copyright photo Fotolia kwasny221

Raide, prête à corriger toute anomalie verbale ou de comportement, elle participe après s'être assurée que tout fonctionne bien autour. Je découvre une personne cultivée, sensible, artiste et respectueuse de la nature. La diplomatie n'est pas son fort, c'est pour cela qu'elle règne à l'écart des autres, dans un cadre frugal mais autarcique. Voilà mon Abbesse. Combien de miséreux a-t-elle aidés à reprendre le dessus ? De jeunes filles égarées remises discrètement dans le droit chemin ? De clandestins sauvés des pires geôles ou d'injustes procès ? De nouveaux-nés nourris, réchauffés et recueillis tendrement ? Nul ne saura. Qui s'y frotte s'y pique. Dans mon monde fantastique, elle continue à réaliser ces petits miracles au quotidien.

L'Abbaye de Fontevraud - Illustration témoignage ateliers parfums en EHPAD

Copyright photo Fotolia JFBRUNEAU

La vie est belle, n'est-ce pas ? Il y a toujours un détail, porteur d'espoir, auquel se raccrocher. Telle est la pensée du Charpentier de marine qui suit mes séances avec le plus profond respect. De Charpentier de marine, il est devenu Marin et la Mer fut sa première épouse. La Mer prit le corps harmonieux de ce jeune homme doux, juste et brave. Elle voulut le transformer en pirate et, furieuse de constater l'absence d'emprise qu'elle avait sur cette âme pure, malgré ses incessants sévices, et toujours prête à rendre le bien pour le mal, elle le brisa et le rendit en mille morceaux à la Terre ferme. Depuis, il propage la bienveillance et la politesse sur les places et marchés de notre monde féérique, entouré d'une aura de notes d'ambre gris.

Le bateau de pirate - Illustration témoignage ateliers senteurs en maisons de retraite

Copyright photo Fotolia Photocreo Bednarek

Tout près de moi, une Dame aux couleurs chatoyantes me parle telle une amie sur le ton de la confidence. Elle est en joie, car elle retrouve toujours plaisir à cotoyer quelque chose de Beau, comme lorsqu'elle était restée quarante années enfermée dans le donjon de ce château de mon monde imaginaire, à attendre son Prince, parti guerroyer. Ma jeune Princesse pourpre devait se marier, oui mais quelques jours avant la cérémonie, ses parents l'enfermèrent au donjon parce qu'elle avait ingéré trop de pâtisseries. Son Prince ne rencontra jamais sa promise ; à peine arrivé, il dut rejoindre les oriflammes alliés et la désolation emplit le château. La Princesse proposa de rester enfermée moyennant un lot quotidien de pâtisseries, sombra quelques semaines dans la tristesse, puis s'éprit du tissage, de la couture et même du tricot. On l'alimenta en matières premières de toutes sortes, jamais ses créations ne déçurent, on dit même qu'elles firent la fortune de son Domaine, autour duquel les fées érigèrent un bouclier protecteur à l'arôme de sucre vanillé...

La Princesse pourpre - Illustration témoignage ateliers olfactifs maisons de retraiteLa Princesse pourpre - Illustration témoignage ateliers olfactifs maisons de retraiteLa Princesse pourpre - Illustration témoignage ateliers olfactifs maisons de retraite

Copyright photo Fotolia treerasak

Lorsque mon activité se termine, le charme ne se rompt pas tout de suite. Je garde avec moi quelques impressions envoûtées, qui m'accompagnent encore au moment de la rédaction du compte-rendu de séance, et après.. Vous l'aviez sûrement compris, dans cet autre monde, je me promène, et, de ma plume hésitante, je remplis les pages du Livre Enchanté.


mardi 10 janvier 2017

Un Noël blanc réchauffé par les senteurs envoûtantes des pins, des cèdres et des genévriers

En ce jour de neige où j'écris tranquillement, les jambes sous un plaid et entourée de deux adorables chats ensommeillés, je profite de l'occasion des voeux pour l'année qui commence pour partager avec vous quelques instants choisis de l'année qui finit.

Nous eumes un Noël blanc. Pas un Noël enneigé, certes, mais une semaine où la couleur blanche fut omniprésente, régissant le givre, les nuées de brouillard opaque et ce froid glacial qui nous aurait volontiers anesthésiés durant cette dernière semaine de décembre.

Jardin blanc de Sainte Blandine hiver 2016

Ci dessus : quelques branches joyeusement givrées dans mon jardin !

Cette couleur blanche, épaisse et cristalline, qui transforme la végétation engourdie en un jeu d'ombres grises et brunes, cette couleur que l'on entend comme un silence, comme la campagne endormie alors qu'il est déjà onze heures du matin et que l'on se demande si tout ceci est bien réel, pellicule pâle si fragile que la toucher serait l'abimer, alors on laisse simplement la nature se réchauffer et nous faire oublier cette parenthèse enchantée.

Je me rappelle nos conversations avec Roseline Giorgis, lors de nos essais de peinture parfumée, nous n'avions finalement associé aucune huile essentielle à notre peinture a tempera de couleur blanche, et avions proposé aux visiteurs de l'exposition "Senteurs Pigmentées", à l'Isle-sur-la-Sorgue l'été dernier, de nous raconter la senteur que la couleur blanche leur évoquait.

telle une dentelle, une toile d'araignée givrée du jardin de Sainte Blandine

Photo ci-dessus : sous l'effet du givre, une toile d'araignée s'est transformée en dentelle

Le calendrier des ateliers à l'année m'amène à sélectionner en ces jours frileux la palette des huiles essentielles et absolues qui constitueront les matières phares de la séance du groupe perfectionnement, consacrée aux conifères. Cèdres, pins, genévriers, des huiles essentielles que l'on imagine plus facilement dans la palette de l'aromathérapeute que dans celle du parfumeur du dimanche. Entourée de touches à sentir, je constate que mon affection pour ces matières ne faiblit pas, qu'elles me plaisent olfactivement et aussi par le réconfort qu'elles m'offrent gentiment.

aiguilles de conifères givrées entremêlées Sainte Blandine

Photo ci-dessus : aiguilles mortes et vives entremêlées un jour de gel dans mon jardin

L'huile essentielle de pin sylvestre me renvoie à une figure masculine, introvertie, sobre et sombre. Richesse de notes et de contrastes, tantôt boisé écorce, carboné, tantôt épicé, relevé d'aromates, ou bien sucré, limite farineux, il essaie de contenir, sous son lourd manteau brun, une fraîcheur qui ne demande qu'à s'exprimer au grand jour. Qu'est-il arrivé à ce personnage, quel triste évènement aurait pu lui ôter à ce point l'envie de se livrer ? Sa térébenthine, par contre, me transporte en altitude, et m'offre une bouffée du bon air des cimes en plus de ses jolies notes fraîches de résine.

Les touches parfumées des huiles essentielles de baies de genièvre et de rameaux (incluant les baies de genévrier) se relaient sous mes narines et diffusent leurs notes chaleureuses et corsées. Paradoxalement, c'est l'huile essentielle issue de la distillation des rameaux incluant les baies qui me ramène au plus près, et au plus souvent, à la fameuse baie qui parfume la choucroute. L'odeur sombre et rugueuse des branches évolue et laisse s'épanouir au fil des heures une infime floralité, douce et sucrée. Les baies de genièvre distillées racontent avec éloquence une tout autre histoire, celle d'animaux de ferme qui m'nvitent dans leur humble refuge. J'y partage leur chaleur, leur fatigue, leur promiscuité. Je trouve leur compagnie apaisante, et je leur promets de trouver quelques beaux accords à créer avec l'huile essentielle de baies de genièvre.

Une nouvelle huile essentielle est arrivée dans la palette : l'huile essentielle de cèdre de l'Himalaya, qui ne s'en laisse pas conter. Tels deux frères en compétition pour la dernière part de dessert, le cèdre de l'Atlas (cedrus atlantica) et le cèdre de l'Himalaya (cedrus deodora) se livrent à une joute olfactive qui laisse mes narines et mon cerveau perplexes. -"Tu vois, nargue le cèdre de l'Himalaya, moi je plais aux filles, avec ma note solaire et puissante qui rappelle la gaulthérie, et aussi ce je ne sais quoi d'abricot confit et d'huile d'olive qui forme sous les narines un baume enchanteur... et oui, tu sais ce que ça veut dire ? J'évoque l'osmanthus, rien que ça !" - "Alors si tu crois que tu m'impressionnes, rétorque le cèdre de l'Atlas, HaHa, laisse-moi te dire que des comparaisons flatteuses, moi aussi, j'en ai eu, et pas des moindres, avec les parfums ambrés, avec les cires qui soignent et redonnent leur éclat aux meubles en bois, avec le cuir des bottes, qui protègent du froid les pieds des hommes, et même avec le magique opoponax. Je suis utile, et ma senteur est sollicitée pour de nombreuses coopérations : l'absolue de vanille, le labdanum, la mandarine, le gingembre, et même le curcuma qui n'attend qu'un signe de moi. Tu comprends à qui tu parles ?" Sidérée par un tel échange, je constate qu'aucun des deux ne revendique la facette "toilettes publiques un soir de fête" si chère à ma mémoire, pourtant...

L'huile essentielle issue de la distillation des aiguilles de sapin baumier vient à point pour balayer ces effluves, et sème un climat de début de printemps, une légère brise dans les branches, convoque la chlorophylle qui refait surface et la sève qui remonte dans les végétaux tandis que fond la neige. Tonique, intense, durable, sa senteur réveille l'envie de courir dans les prés, bras grands ouverts ! Quelques notes de liqueurs de plantes médicinales viennent compléter ce réjouissant tableau où la couleur verte joue de ses nombreuses nuances.

La nuit se pose et les Terres Froides où je réside portent leur nom mieux que jamais. Les notes typiques du crayon de papier fraîchement taillé de l'huile essentielle du cèdre de Virginie sont douces, discrètes et élégantes. Tout en retenue. Plus chaleureux est le cèdre du Texas, dont l'huile essentielle, bien que fort semblable à celle du cèdre de Virginie, exprime des notes plus rondes, plus compactes, qui me rappellent de façon lointaine le vétiver Bourbon et même une boisson cacaotée dont je ne citerai pas le nom. Difficile de les imaginer en frères qui s'apostrophent bruyamment comme les deux cèdres... Ce ne sont d'ailleurs pas des cèdres, mais deux genévriers, le juniperus Virginiana et le juniperus Mexicana, ce dernier incarnant à mes yeux un homme accueillant, sociable et courtois, tandis que le premier préfèrera un certain retrait pour préserver un caractère sans concession.

belles aiguilles blanches jardin Ste Blandine

Photo ci-dessus : fantaisie d'aiguilles cristallisées sur fond brun velours - Jardin de Sainte Blandine

Enfin le bois de cade. L'évocation d'une couleur brun anthracite. La terre et l'ardoise. Un juniperus dont l'huile essentielle toute simple, extraite de ses rameaux distillés, m'entraîne dans les bois secs d'Ardèche du Sud, sous un soleil d'été. Branches friables qui cassent facilement. Puissance poivrée qui pique ma gorge et l'assèche. Clope fumée jusqu'au mégot. Chaleur sublime qui me fait oublier, le temps de quelques bouffées, la froideur saisissante de l'hiver.


mardi 20 septembre 2016

Les ateliers olfactifs des Parfumeurs Amateurs fêtent leur troisième anniversaire

Trois ans.

Les Parfumeurs Amateurs ont trois ans en septembre 2016.

Tant de choses se sont passées pendant ces trois années.

Septembre 2013. J'osais à peine dire autour de moi ce que je faisais. J'entrais dans ma nouvelle activité sur la pointe des pieds,  espérant, sans trop y croire, que quelques personnes découvriraient sur internet ma proposition et me feraient confiance le temps d'un atelier olfactif d'un après-midi...

J'ai lu que seulement 2/3 des nouvelles entreprises passaient le cap des 3 ans.

J'allume aujourd'hui une bougie parfumée pour vous faire partager ce moment savoureux.

A petits pas, les Parfumeurs Amateurs ont tracé leur chemin.

Loin du luxe, les ateliers de découverte de la parfumerie naturelle se déroulent dans un petit centre culturel de quartier où se croisent divers acteurs enseignant la danse, la musique, le chant, le bien-être ou le développement personnel.

Loin de la mode, des tendances, des marques, j'ai choisi de privilégier la rencontre entre le public et les matières premières naturelles. Presque la moitié du temps des ateliers grand public est consacrée à l'olfaction. L'exercice créatif qui clôture la séance reste sans prétention un exercice d'application destiné à illustrer les jeux subtils qui se trament entre les matières premières au sein d'un mélange, selon leurs proportions. Loin de nous l'idée de créer, encore moins de reproduire un best seller de la parfumerie du commerce !

En essayant de faire la part des choses. Entre ce qui pourrait s'apparenter au parfum DIY, comme le fait de comprendre ce que l'on met dans son flacon, ou de réaliser des teintures de plantes faites maison. Et un hobby qui s'apparente plus à une discipline à vocation artistique, comparable à la pratique d'un instrument de musique, ou la sculpture, la peinture... il n'y a pas de secret, on ne va pas bien loin sans assimiler la théorie à l'aide de bonnes heures de pratique. Et l'atelier à l'année est là pour permettre à ceux qui le souhaitent d'aller plus loin : je m'investis pleinement dans cette activité unique en France à ce jour.

Avec l'envie d'explorer le parfum dans des supports autres qu'alcooliques, de faire des incursions du côté des parfums d'intérieur comme les bougies parfumées, les carrés fondants ou les pots-pourris, de croiser les disciplines comme avec l'atelier de peinture parfumée co-animé avec Rose des Arts ou d'inviter des professionnels de la mémoire ou de la créativité... Oublions un peu la cosmétique et élargissons notre conception du parfum !

Je me suis employée, je m'emploie et je m'emploierai, à expliquer aux participants des ateliers de découverte olfactive des Parfumeurs Amateurs, ce qui différencie les senteurs de la parfumerie exclusivement naturelle de celles des parfums couramment distribués, ceci dans le respect des deux esthétiques.

En trois ans, j'ai fait de belles rencontres, je prends plaisir à aller travailler et je me réjouis lorsque certains clients reviennent s'essayer à un second atelier. Je me suis aperçue que je pouvais être utile : aux parfumeurs du dimanche qui le resteront et s'amuseront tout en approfondissant, aux étudiants qui s'interrogent sur une éventuelle vocation (ainsi que leurs parents), et même quelques pros, dans la limite de l'aide que je peux apporter.

Pour m'avoir permis d'accomplir ce chemin, je vous remercie du fond du coeur.

Trois ans, ça se fête.

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas encore les Parfumeurs Amateurs, qui sont déjà venus sur le site internet mais qui n'osent pas, voici quelques remises qui vous donneront peut-être envie de franchir le pas :

Pour celles et ceux qui sont déjà venus, et qui aimeraient refaire leur parfum personnalisé ou l'améliorer en séance individuelle, voilà une remise de 20% valable du 21 au 30 septembre 2016 sur cette nouveauté ! Pour vous remercier, chers clients, je propose aussi de vous envoyer, si vous me le demandez entre le 21 et le 30 septembre 2016, mes notes prises à l'issue des olfactions suivantes : absolue de feuilles de violette, HE d'encens Oliban boswellia carterii, HE de cumin graines, HE de muscade noix, HE de sauge sclarée, ambrette graine extrait CO2, HE de néroli, HE de petitgrain bigaradier, huiles essentielles d'ylang extra et d'ylang III, à vos claviers !

Cerisier dans la nuit avril 2016 1 lumineuse


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A partir de 220.80 €



samedi 22 août 2015

Jour après jour, la floraison d'une tubéreuse à Sainte Blandine

Cette année, j'ai mis des bulbes de tubéreuse en pot. Sans grand espoir, car je réside dans un lieu assez frais du Dauphiné, sur la route des "Terres Froides". J'ai pris soin de les exposer sur la façade la plus ensoleillée de ma maison.

Est-ce l'influence positive des fortes chaleurs de cet été ? Toujours est-il que quatre bulbes, sur les six, ont répondu présent, deux sortant rapidement du lot avec la promesse, à la veille de mon départ en vacances fin juillet, d'une floraison prochaine.

A mon retour, début août, je décide de tenir un journal en images, une chronique de cette floraison annoncée, en prenant une photo chaque soir dès la tombée de la nuit.

Depuis le dimanche 16 août, une délicate petite fleur blanche de tubéreuse s'est ouverte, et chaque jour amène une nouvelle floraison au sein de cette grappe de fleurs.

Voici, chronologiquement, les photos journalières de cette fleur en devenir, puis en plein épanouissement.

fleur de tubéreuse 3 août 2015   fleur de tubéreuse 5 août 2015   fleur de tubéreuse 6 août 2015

Photos prises, de gauche à droite, le 3, 5 et 6 août. Entre le 5 et le 6 août, la tige de notre tubéreuse de droite fait une forte croissance.

fleur de tubéreuse 7 août 2015   fleur de tubéreuse 8 août 2015   fleur de tubéreuse 9 août 2015

Photos prises, de gauche à droite, le 7, 8 et 9 août. Là, les deux tiges grandissent encore, celle de droite se détache nettement.

fleur de tubéreuse 10 août 2015   fleur de tubéreuse 11 août 2015   fleur de tubéreuse 12 août 2015

La tige la plus longue s'incline légèrement au niveau de la fleur. Cela ne dure pas. Blanc sur vert, les traits de la future fleur de tubéreuse se dessinent de plus en plus clairement au sommet des deux tiges. Photos prises les 10, 11 et 12 août.

fleur de tubéreuse 13 août 2015   fleur de tubéreuse 14 août 2015   fleur de tubéreuse 15 août 2015

Images de nos tubéreuses prises les 13, 14 et 15 août. L'ouverture de la première fleur est imminente, elle se profile nettement sur la tige la plus à droite, au bas de la hampe.

ouverture tubéreuse 16 août 2015          ZOOM PREMIERE TUBEREUSE 16 AOUT 2015

Le 16 août dans la soirée, je constate l'ouverture franche de la fleur du bas de la hampe, et une ouverture en cours d'une deuxième fleur, juste au dessus. Ma photo ne rend pas suffisamment hommage à sa beauté.

fleur de tubéreuse 17 août 2015          ZOOM DEUX TUBEREUSES 17 AOUT 2015

Le lendemain, le 17 août, la seconde fleur se développe et la petite tubéreuse de gauche n'est pas en reste.

fleur de tubéreuse 18 août 2015          de plus en plus de tubéreuses ouvertes le 18 août 2015

Le 18 août, je trouve cette tubéreuse de plus en plus belle à mesure qu'elle s'épanouit.

fleur de tubéreuse 19 août 2015     tubéreuse 190815 de face       tubéreuse 190815 de profil avec petite soeur

Le 19 août 2015, la voici, star modeste, prise de pied, de face, de profil avec sa petite soeur.

Polianthes tuberosa, en prononçant ce nom me vient l'évocation de la richesse et de la générosité de cette plante à bulbe qui nous offre ces petites fleurs qui se démultiplient, à l'apparence propre et cireuse, et dont l'effluve exprime si bien leur gratitude à la lumière et à la terre qui les ont nourries.

fleur de tubéreuse 20 août 2015         tubéreuses 20 08 2015 grande et petite soeurs

Le 20 août, la petite et la grande poursuivent leur croissance, et je suis toujours une photographe pitoyable !

fleur de tubéreuse 21 août 2015          détail sur fleur de tubéreuse 21 août 2015

21 août 2015, les dernières photos. J'ai envie de remercier ma star de l'été, d'avoir été aussi bonne, de m'avoir offert sa beauté tranquille ainsi que son parfum enchanteur à peine ma porte ouverte...

Et notre histoire n'est pas finie...

J'aimerais décrire brièvement mon ressenti, olfactivement parlant :

- le premier soir où une simple fleur s'est ouverte, j'ai perçu l'odeur en ouvrant ma porte qui est juste à côté de la fleur ; elle s'exprimait déjà puissamment

- ce même jour, son odeur était douce, très florale, avec des notes orangées, elle dégageait une onctuosité, une sensation cotonneuse et, le temps d'une seconde ou deux, j'ai été surprise par un moment d'extase olfative, je ne m'attendais pas à quelque chose d'aussi... paradisiaque !

- au fur et à mesure que les petites fleurs sont plus nombreuses à s'ouvrir, l'odeur se fait plus intense et elle se rapproche de l'odeur d'absolue de tubéreuse si caractéristique, avec ses notes terreuses, suaves et poudrées comme du cacao, si exquises et dérangeantes à la fois

- je préfère la sentir la nuit tombée, j'ai l'impression qu'elle se livre plus, à moins que le jour n'amène des perturbations telles que le bruit ambiant, d'autres senteurs... qui me rendent moins réceptive. Il y a toujours un moment que je qualiferais de surnaturel, j'ai lu dans Wikipedia : "En Italie enfin, on interdisait aux jeunes filles de se promener le soir dans les jardins où poussait la tubéreuse, car elles n'auraient pas su résister aux jeunes gens, eux-mêmes grisés par son parfum érotique." et je comprends pourquoi.

- bien sûr que son parfum est hypnotique, troublant, qu'il m'embaume de l'intérieur, mais c'est juste parce qu'elle prend soin de moi autant que j'essaie de prendre soin d'elle. Alors, complètement sous le charme, je me plais à rêver qu'elle m'envoie, toutes molécules dehors, un message d'apaisement par sa note de fleur d'oranger crèmeuse, un message d'humilité par sa note terreuse, un message de joie par sa note puissante de fleur blanche et de miel, un message d'amour dans un écrin de senteur ouatée...

Excellente fin d'été à tous !

 


mercredi 11 février 2015

Une année qui commence avec une invitation à sentir : tubéreuse et chypre

Après une fin d'année 2014 et un début d'année 2015 silencieux, je reviens vers ce blog, vers vous, avec l'envie de partager quelques impressions sur cette première année complète d'activité des Parfumeurs Amateurs.

Beaucoup de choses ont été lancées : les ateliers de création d'un parfum naturel d'une demi-journée selon le thème olfactif, l'atelier de création de parfums naturels à l'année et, ce que vous voyez moins sur le site, les animations à la demande, pour des collectivités, des groupes d'individus déjà constitués...

Beaucoup de choses restent à pérenniser, en particulier l'atelier de création de parfums naturels à l'année, en donnant une suite, pour les plus passionnés, à cette première année de découverte.

Je tiens à vous faire part de mon étonnement concernant un type d'atelier, l'atelier au thème olfactif chypré, et une matière première naturelle, l'absolue de fleur de tubéreuse.

Le premier, l'atelier de création d'un parfum naturel de type chypré, a été boudé au moment des inscriptions et je vais essayer de comprendre pourquoi.

  • Première hypothèse : l'accord chypré était particulièrement bien représenté parmi les parfums lancés au cours des trois premiers quarts du XXème siècle, mais ce n'est plus le cas depuis une bonne vingtaine d'années. Les générations d'acheteuses de parfums se succèdent, les goûts et tendances évoluent, de nouvelles matières premières deviennent "phare", d'autres matières premières sont mises à mal par la règlementation... Pourtant, certains chyprés intemporels sont toujours vendus en boutique (et parfois à des prix fort accessibles), alors, qui dit "has been" et qui dit "vintage" ?
  • Seconde hypothèse : ce n'est pas par désintérêt olfactif, mais par méconnaissance que les lecteurs ne se positionnent pas sur l'atelier de création d'un parfum naturel de type chypré. Citer des créations qui ont de 40 à 90 ans d'âge ne suffit pas à appréhender la richesse de cet accord. Je me dis aussi que les noms d'ingrédients naturels tels que "absolue de mousse de chêne" et "labdanum" peuvent dérouter et même inspirer une certaine crainte... Quant au patchouli, au fur et à mesure que j'anime des ateliers, je me rends compte qu'il est difficile pour les participants de l'envisager dans un mélange, tant ils redoutent qu'il couvre tout.

Passons à l’absolue de tubéreuse. Un tour de table est souvent nécessaire pour la cerner et elle déclenche des mines surprises, des sourires extatiques, des grimaces, un petit air réprobateur parfois. Je ne l’ai jamais entendue qualifiée de senteur « narcotique », « suave » comme dans les livres mais j’ai entendu « érotique », « sexy », « terreuse », « sale », « orangée », « femme fatale », "envoûtante", "pour femme mûre ou avec un fort caractère" avec souvent un je ne sais quoi de connotation « mauvais genre». Est-ce pour cette raison qu’après avoir humé à plusieurs reprises leur touche de tubéreuse avec un plaisir non dissimulé, mes participantes se tournent vers des composants qui peuvent leur sembler plus raisonnables ou plus malléables ?

Passons à l'absolue de tubéreuse. Un tour de table est souvent nécessaire pour la cerner et elle déclenche des mines surprises, des sourires extatiques, des grimaces, un petit air réprobateur parfois. Je ne l'ai jamais entendue qualifiée de senteur "narcotique" ou "suave" comme dans les livres mais j'ai entendu "érotique", "sexy", "terreuse", "sale", "orangée", "femme fatale", "envoûtante", "pour femme mûre ou avec un fort caractère", avec souvent un je ne sais quoi de connotation "mauvais genre". Est-ce pour cette raison qu'après avoir humé à plusieurs reprises leur touche de tubéreuse avec un plaisir non dissimulé, les participant(e)s se tournent vers des composants qui peuvent leur sembler plus raisonnables ou plus malléables ?

Alors je voudrais réagir en vous proposant de faire connaissance avec la senteur de tubéreuse et les composants caractéristiques de l'accord chypré, pour vous faire votre propre opinion.

Je vous propose de venir sentir avec moi quelques matières premières susceptibles d’entrer dans la composition de parfums de type chypré, ainsi que certains parfums caractéristiques de cette famille olfactive. Je rajouterai notre chère tubéreuse, ainsi que des exemples de créations utilisant cette absolue, pour que vous puissiez apprécier l’étendue des possibles.

Je vous donne rendez-vous au 67 quai Pierre Scize, Lyon 5ème, le samedi 14 mars 2015 de 11h00 à 12h30.

En toute simplicité, autour d’un jus de fruit et de quelques biscuits, nous ferons connaissance et je vous laisserai faire vos découvertes de façon  autonome.

Pas besoin d’avoir déjà participé à un atelier chez les Parfumeurs Amateurs, ni d’être en possession d’un bon cadeau… C’est gratuit, il suffit de me prévenir avant, car l’immeuble où nous nous trouvons  a un code d’entrée que je vous ferai parvenir un peu avant par email.

Voici mon adresse email : marie-gabrielle@parfumeurs-amateurs.com

A très bientôt !

Parfumeurs_Amateurs_exemple_de_creation_atelier_grand_public.jpg

 


lundi 8 septembre 2014

Un parfum de rentrée des classes

C'est le dernier mardi du mois d'août. Nous sommes trois parents à nous activer autour des piles individuelles de manuels scolaires du Lycée de nos enfants. Dans trois jours, notre bourse aux livres accueillera la presque totalité des élèves scolarisés, ceux qui connaissent déjà qui viennent seuls ou avec quelques camarades, ceux qui viennent pour la première fois, le plus souvent accompagnés d'un de leurs parents. Dans quatre jours, ce lieu sera vidé de ses livres, et une odeur de produit d'entretien se répandra tranquillement sur le carrelage et le linoleum.

Mais pour l'instant, c'est l'odeur des livres neufs et fraîchement commandés, disposés sur des tables, en attente de dispatch, qui me surprend et m'amène à constater l'inéluctable fin de l'été, et l'imminence de la rentrée des classes.

Neufs. De loin, ils ont l'odeur...  du neuf, de l'impression offset, des couvertures plastifiées qui mêlent, pour la première fois, leurs effluves à l'air ambiant. Tout nouveau, tout beau, une odeur nette. De près, je feuillette, par-ci par-là et différentes nuances me montent aux narines : âcres comme le cérumen, piquantes comme le poivre, le piment, rassurantes comme des copeaux de bois et... évoquant parfois la pommade Mitosyl !

A côté, il y a les salles d'étude avec les livres déjà utilisés les années précédentes. Est-ce parce qu'ils ont passé l'été enfermés là ? Une odeur de fatigue cérébrale, un mélange de renfermé et de sueur, et quelque chose qui me renvoie à ce que j'appelle de "vrais" livres, utilisés et usés. Mais on est encore loin des livres d'occasion que j'affectionne, ceux que l'on sont des combles pour les oxygéner un jour de brocante. Le vide-grenier local, ce sera pour bientôt, le premier dimanche de septembre, juste après la rentrée scolaire, le même week end que la Vogue.

Le lendemain, lundi 8 septembre, présentement le jour où j'achève ce billet, les jeux sont faits et la rentrée 2014 est définitivement consommée.

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jeudi 12 juin 2014

Objets d'art en attente de restauration au château de Sassenage et coup de coeur pour les portraits de deux châtelaines

 

Le 21 mars dernier, je participais à l'inauguration du château de Sassenage organisée par Vinatis Organisation, une société de communication chargée de la promotion et de l'animation de ce lieu.

Légué à la Fondation de France en 1971 par la dernière Marquise de Sassenage, Pierrette Elisa de Bérenger, le château de Sassenage est classé au titre des Monuments Historiques et offre un témoignage sur la vie d'une famille de la noblesse d'épée,  du Grand Siècle jusqu'à la fin du XXème.

Aujourd'hui, plusieurs meubles et objets d'art rencontrés au cours de la visite du château continuent inexorablement à s'abimer en l'absence d'une réfection appropriée. Restaurer des oeuvres d'art est un métier, plus exactement un ensemble de métiers dont le savoir-faire est peu connu. Aller à la rencontre des professionnels de la restauration d'oeuvres d'art, voici ce que propose l'équipe chargée de la conservation du château de Sassenage, et je me permets de relayer leur communiqué :

image_invitation_19_Juin.png

 

Pour ma part, j'ai eu un coup de coeur pour deux tableaux qui font partie du panel des oeuvres à restaurer.

 

Le premier est une toile d'Ernest Hébert, "Portrait de la Marquise de Béranger à l'éventail rouge" (photo publiée avec l'aimable autorisation de l'équipe chargée du patrimoine), femme artiste indépendante, au regard ardent.

La fondation a besoin de 2300€ pour restaurer cette œuvre. La voici :

Chateau_de_Sassenage_Portrait_de_la_Marquise_de_Beranger_par_Hebertjpg.jpg

                               Constance-Marie-Lucie du BOUEXIC de GUICHEN (1831-1894)

Cette toile fera l'objet d'un focus le jeudi 19 juin 2014 au château de Sassenage.

 

Mon second coup de cœur, dont la photo est également transmise par l'équipe de conservation du patrimoine, est le portrait de Madame Baudin, mère de la dernière Marquise de Sassenage (Pierrette Elisa de Bérenger, née Baudin), peint par Georges Callot.

1800€ sont nécessaires à la réhabilitation de la toile que vous découvrirez ci-dessous :

Chateau_de_Sassenage_portrait_de_Mme_Baudin_par_Georges_Callot.jpg

Françoise-Joséphine-Jacqueline-Alice Lafarge (1869-1941)

 

Elles vous inspirent ? N'hésitez pas à vous transformer en généreux mécènes, vous avez les coordonnées du château sur l'invitation à rencontrer les restaurateurs le 19 juin prochain.

Deux images de femmes si différentes et que j’imagine volontiers en  parfum.

De la première, vibrante de passion, il pourrait se dégager des effluves orientaux, de patchouli, de bois et de fleurs envoûtantes, et, s’il n’y avait anachronisme, un chypré aurait aussi pu se révéler son allié.

Une senteur florale délicate et irisée pourrait émaner de la seconde châtelaine, douce et mesurée. L’hospitalité de la bergamote se profilerait en note de tête, suivie de près par le néroli et son évocation de l’enfance innocente.

Mais ce n’est que ma perception, quelle est la vôtre ?

 


dimanche 25 mai 2014

Un parfum de fête des mères

Voici deux semaines que je reçois mon lot d’emails et de SMS sur le sujet de la fête des mères.

La mienne n'est plus. Je vis cette date avec un pincement au coeur, car, de son vivant, la fête des mères était une occasion de rapprochement, souvent géographique, parfois seulement un appel téléphonique plus long que d'habitude, et, forcément, un cadeau. Fort différentes l'une de l'autre, séparées par une grande différence d'âge, nous n'étions ni copines, ni rivales, juste une mère et son unique enfant. Avant de devenir mère à mon tour, j'étais étonnée qu'il puisse exister autant d'amour d'elle vers moi, malgré un manque d'affinités évident. Je pouvais exprimer le mien sans mot dire, en présentant un cadeau parfumé, lors de la fête des mères, mais aussi lors des anniversaires, des fêtes de fin d'année. Les parfums étaient comme un langage commun, plus efficaces que les mots. Je connaissais ses goûts, certes, mais j'ai aussi pris quelques risques, je lui en ai fait prendre...

Maintenant qu'elle n'est plus là, j'envie celles et ceux qui ont encore la possibilité de vivre ces moments. Et lorsque mes émotions prennent le dessus, je me réconforte en sentant, des matières premières, des parfums aboutis, le ventre de mon chat, peu importe. Il y a toujours une senteur qui me surprend, qui m'entraîne dans un monde encore inexploré, m'accompagne durant ce voyage et me dépose sur le quai avec la sensation que la vie vaut encore la peine d'être vécue. En ce moment, il s'agit d'une huile essentielle de rose de Damas en provenance d'Iran, et d'une teinture de fleurs de tilleul.

Alors voici pour vous la photo de quelques joyeuses petites fioles de parfums  vintage avec leurs  rubans colorés :

WALKING_STICKS_BY_COTY.jpg

 Walking Sticks by Coty (encore un de mes caprices au salon du parfum et des accessoires de mode de Mornant - 2014)

De gauche à droite : les charmantes petites éprouvettes de Paris, Muguet, Emeraude, L'Origan, L'Aimant de Coty.

 


vendredi 24 janvier 2014

A l’occasion de la Fête des Grand-Mères

A l'occasion de la Fête des Grands-Mères, les Parfumeurs Amateurs proposent une remise de 50% sur la deuxième inscription à un même atelier, si la bénéficiaire est une dame âgée de plus de 60 ans.

Cette offre porte exclusivement sur les ateliers de création d'un parfum naturel floral le samedi 22 mars 2014 ou d'un parfum naturel chypré le dimanche 13 avril 2014.

Il vous suffit d'activer le code MAMIEDAMOUR au moment du règlement, pour cette offre valable jusqu'au dimanche 9 mars inclus.

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Crédit photo : gettyimages, Victoria Pearson

La Fête des Grand-Mères est une fête d’origine récente, initiée par une célèbre marque de cafés en 1987, et célébrée en France le premier dimanche de mars.

Mercantile, cette fête ?

Oui sans doute, quelle fête ne n’est pas ?

Mais il s’agit d’avoir une pensée affectueuse pour une personne d’un âge avancé, en l’occurrence la maman de nos parents, que l’on oublie parfois un peu trop vite, alors qu’elle nous a gâtés dans notre enfance, soutenus au cours de notre adolescence, encouragés (et sponsorisés) lors des grandes étapes du passage adulte comme le permis de conduire, les études, la pendaison de crémaillère, le mariage puis les enfants…

Si les mamans de nos parents ne sont plus, alors ce sont nos enfants qui avancent vers leur propre mamie avec la traditionnelle plante verte, les fleurs ou la boîte de confiseries…

Parfois, la vie d’adulte nous éloigne des personnes que l’on aime puis, la distance et les préoccupations du quotidien s’installant, on se contente de passer un coup de téléphone ou d’envoyer une carte postale.

Et le temps passe…

Viennent les problèmes de santé plus sérieux, le « coup de vieux », les voyages qui se raréfient, l’ouïe défaillante, la motricité qui diminue, la mémoire aussi. Peu à peu, les actes relevant du quotidien deviennent de plus en plus compliqués, laissant s’installer manque de confiance en soi, ennui, solitude, attente, agressivité parfois.

En maison de retraite, je rencontre des personnes dépendantes, fatigables, dont les difficultés rendraient impossibles des séances telles que je les propose au 67 quai Pierre Scize à Lyon. Je leur propose d’autres activités en lien avec l’olfaction et les parfums, dans des formats plus adaptés à leur constitution.

Si je promeus ce moment de partage entre générations autour de senteurs florales ou chyprées, ce n’est pas par hasard.

Les parfumes chyprés et floraux ont occupé une grande part des lancements de parfums féminins entre années 1920 et les années 1980. Je vous laisse en bas de post une petite liste de parfums encore commercialisés, illustrant ces deux familles olfactives.

Les ateliers de création de parfums naturels  des Parfumeurs Amateurs suivent une progression précise :

  • dans un premier temps, les participants acquièrent des connaissances de base sur la parfumerie naturelle, qui leur seront utiles au moment de l’exercice de création
  • puis ils sentent les matières premières sélectionnées en fonction du thème de l’atelier (floral, chypré, ambré…) et échangent leurs perceptions avec les autres membres du groupe
  • enfin vient le moment des essais de création personnelle (jusqu’à 3 essais), à l’issue desquels ils remplissent un vaporisateur de 15 mL avec leur essai préféré.

Je souhaite  susciter des souvenirs d’enfance, de jeunesse, d’adulte, occasionner  quelques découvertes olfactives, activer le partage d’impressions dans une atmosphère détendue et conviviale, pour que cette séance où vous vous rendrez à deux vous procure un moment privilégié.

A titre d’information :

Quelques parfums chyprés toujours à la vente

Quelques parfums floraux toujours à la vente

 

  • Mitsouko de Guerlain (1919)
  • Femme de Rochas (1944)
  • Bandit de Piguet (1944)
  • Miss Dior (1947)
  • Cabochard de Grès (1959)
  • Calèche d’Hermès (1961)
  • Aromatics  Elixir de Clinique (1972)
  • Diorella (1972)

 

  • Numéro 5 de Chanel (1921)
  • Joy de Patou (1930)
  • L’Air du Temps de Nina Ricci (1947)
  • Diorissimo  (1956)
  • Fidji de Guy Laroche (1966)
  • Numéro 19 de Chanel (1970)
  • Rive Gauche d’Yves Saint Laurent (1971)
  • Charlie de Revlon (1973)
  • Amazone d’Hermès (1974)
  • First de Van Cleef and Arpels (1976)
  • Cléa d’Yves Rocher (1980)
  • Ysatis de Givenchy (1984)

Atelier de création d'un parfum naturel de type Chypré Atelier de création d'un parfum naturel de type Chypré
69.00 €



vendredi 17 janvier 2014

La base chyprée inspirée par ma promenade dans la campagne enneigée, 6 semaines après

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La formule postée le 20 novembre 2013 (post "Promenade dans la campagne enneigée") contient de fortes personnalités qui habitent tous les étages de la pyramide olfactive. Cette base chyprée a deux facettes prononcées : l’une gourmande, l’autre ambrée. 

Fève de tonka, amande amère et cacao réchauffent la mandarine verte, et augmentent la consistance des notes boisées telles que le cyprès, l’encens, le pin de Sibérie ou le cèdre de Virginie.  L’influence de ces senteurs caractéristiques de conifères est perceptible et, durant les premières heures, rend le mélange plus aérien.

Des touches de cade, de genévrier, de lentisque ou de galbanum auraient pu marquer la composition d’une tonalité verte, épicée, goudronnée, mais la facette gourmande de cette base chyprée l’emporte sur le reste.

Le caractère gourmand de la composition est aussi renforcé par le benjoin. Benjoin et labdanum s’entendent pour conférer au mélange une douceur baumée, un peu salée grâce à la contribution de la mousse de chêne.

J’ai retrouvé dans cette base chyprée les senteurs évoquées par ma  promenade sous la neige, ce matin d’automne qui,  surpris  par tant de blancheur, s’était  réfugié dans un silence feutré. Sa douceur chaleureuse évoquait l’approche de Noël. Je m’apprête à suivre cette piste olfactive. Je vais aussi tenter de me rapprocher de l’évocation de l’hiver vécue « du dehors » en rafraîchissant cette base et en l’allégeant.

A suivre…

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Atelier de création d'un parfum naturel de type Chypré Atelier de création d'un parfum naturel de type Chypré
69.00 €



mercredi 20 novembre 2013

Promenade dans la campagne enneigée

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Je gare ma voiture près d'une haie. Ce matin, j'ai prévu de marcher sous la neige dans un petit village des Terres Froides. Je suis surprise, ce n'est pas "le petit chemin" mais ma voiture, le moteur à peine arrêté, qui sent la noisette...

Benjoin, Fève de Tonka, Cacao, Amande amère

Aujourd'hui, il y a panne générale d'électricité, et je suis tentée de dire que cela se sent. Les cheminées exhalent des senteurs de bois brûlé. Seuls le chasse neige et les tracteurs des paysans osent s'aventurer sur la route ce matin, et nous ramènent à des odeurs de civilisation.

Genévrier, Cèdre de Virginie, Cade

La neige enveloppe nos pas d'un son feutré et habille les paysages de coton. Elle recouvre aussi les senteurs, elle les estompe et les rend plus aquatiques. Quittons les routes, rapprochons nous des bois, et nous retrouverons les senteurs typiques de l'automne.

Mousse de chêne, Patchouli, Tea tree

Les arbres protestent, ils ont encore leur beau feuillage d'automne, aux reflets ocre, orange et doré. La neige n'a pas joué franc jeu en les recouvrant ainsi. Ils ploient sous la charge, parfois, ils lâchent, ils n'en peuvent plus, leurs branches se rompent et tombent, gare à ceux qui se trouvent en dessous !

Mandarine verte

Il n'y a pas que les enfants que la neige rend joyeux. Je croise des amis à quatre pattes, qui viennent à ma rencontre, me flairent et me font partager leurs effluves chaleureuses. Il neige, c'est un sujet de conversation qui vient s'ajouter aux "bonjours" habituels des promeneurs.

Niaouli, Labdanum

Je longe les maisons, il subsiste encore, de-ci, de-là, l'odeur des arbustes des haies fraîchement coupées. Senteur caractéristique et rassurante des jardins maîtrisés, à la fois boisée, tonique et verte.

Lentisque pistachier, Galbanum, Encens, Pin de Sibérie, Cyprès

Si j'ajoute quelques gouttes de bergamote, cette promenade dans la campagne enneigée m'amène doucement à l'idée d'une base chyprée. Voici que je lui donne vie. Je la dilue à 20% dans de l'alcool. Je vais la laisser reposer, je ne la sentirai pas avant 6 semaines.

Après, on verra bien comment je l'agrémenterai.

Gouttes (à titre indicatif, relatives à la contenance du gouttier et à la densité de l'HE) et grammes :

Benjoin absolue (styrax tonkinensis) diluée à 50% : 60 gouttes = 1,30g,

Fève de Tonka absolue (dipteryx odorata)  diluée à 50% : 6 gouttes = 0.20g

Cacao absolue (theobroma cacao) diluée à 10% : 2 gouttes = 0.10g

Amande amère HE (prunus armeniaca)  : 2 gouttes = 0.04g

Genévrier rameaux et baies HE (juniperus communis) : 2 gouttes = 0.07g

Cèdre de Virgine HE (juniperus virginiana) : 20 gouttes = 0.62g

Cade rectifié HE (juniperus oxycedrus) diluée à 5% : 2 gouttes = 0.04g

Mousse de chêne absolue (evernia prunastrii) diluée à 50% : 56 gouttes = 1.08g

Patchouli HE (pogostemon cablin) : 8 gouttes = 0.24g

Tea tree HE (melaleuca alternifolia) : 4 gouttes = 0.10g

Mandarine verte zestes HE expression (citrus reticulata) : 12 gouttes = 0.33g

Niaouli HE (melaleuca quinquinervia) : 4 gouttes = 0.11g

Labdanum absolue diluée à 50% (cistus ladanifera) : 40 gouttes = 0.62g

Lentisque pistachier HE (pistacia lentiscus) : 1 goutte = 0.04g

Galbanum HE diluée à 10% (galbanum ferula) : 2 gouttes = 0.04g

Encens HE (boswellia carterii) : 16 gouttes = 0.38g

Pin de Sibérie HE (abies siberica) : 20 gouttes = 0.44g

Cyprès feuilles et rameaux HE (cupressus sempervirens)  10 gouttes = 0.23g

Bergamote zestes HE expression, sans bergaptène (citrus bergamia) : 36 gouttes = 0.99g

 

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