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mardi 8 décembre 2015

Le Musée International de la Parfumerie de Grasse (M.I.P.) : visite d'été et visite d'hiver

"Vous êtes la première !" me dit en souriant la jeune femme qui me tend mon billet.

Ce mercredi 2 décembre 2015, après ses trois semaines de fermeture annuelle, j'étais la première visiteuse à franchir les portes du Musée International de la Parfumerie de Grasse, le M.I.P..

Je l'avais déjà visité par deux fois l'été dernier, il faisait très beau, très chaud, et les ruelles de la cité grassoise fourmillaient de touristes qui se rafraîchissaient et se restauraient, après avoir déambulé dans cette ville attrayante et colorée mais, il faut bien le dire, plutôt  escarpée...

Ruelles de Grasse Juillet 2015               Ruelles de Grasse 2 Juillet 2015

 

Ruelles de Grasse 3 Juillet 2015                 Ruelles de Grasse 4 Juillet 2015

Ruelles de Grasse, juillet 2015.

Je m'étais dit qu'il fallait absolument que je revienne à la calme saison, pour profiter de la richesse de son contenu dans une atmosphère plus tranquille qu'au sommet de la saison touristique.

Le MIP retrace l'évolution de la parfumerie de l'Antiquité à nos jours, en mettant en évidence les liens historiques étroits qui unissent la ville de Grasse à l'industrie de la parfumerie. Les prémisses de ces liens dateraient du Moyen-Age, la bourgade encore embryonnaire se développant déjà autour des tanneries et des fleurs dont la culture est favorisée par le micro-climat. Catherine de Médicis a une affection toute particulière pour les gants parfumés, Grasse a ce qu'il faut : les cuirs, et les fleurs, et la ville se développe d'abord autour de la profession de gantier-parfumeur, puis, au XVIIIème siècle, la tannerie recule et la cité se spécialise plus encore dans la parfumerie, par le biais de l'agriculture, de la transformation des matières premières et celui de la création de parfums également. La culture des plantes à parfums grassoise a régressé au cours du XXème siècle, mais le savoir-faire "parfum" est toujours présent, à travers les sociétés high tech de transformation de matières premières, les aromaticiens et les créateurs de parfum. Le MIP rend hommage au terroir grassois, à son héritage et à son patrimoine culturel actuel.

L'habit de Parfumeur - Grasse - Tomek Kawiak

Sur le chemin du MIP, cette oeuvre de Tomek Kawiak – 1997 – Habit de Parfumeur – d’après une gravure du XVIIème siècle

La chronologie guide la visite, abordant l'intention des parfums, mouvante selon les époques. Sont exposés de très nombreux flacons de parfums, datant de l'Antiquité à nos jours, avec des contenants en verre, en écorce, en métal, en terre... qui nous renvoient non seulement à la fonction sociale des parfums mais aussi à leur forme, solide, liquide, huileuse, pot-pourri, fumigation... Au cours de l'Histoire, la composition des parfums varie aussi et mobilise différentes sciences et techniques qui se mettent au service des créateurs de parfums.

J'ai pris tellement de photos, et obtenu si peu d'images de qualité, entre l'absence de flash, les vitrines et l'éclairage si spécifique... le plus simple est de venir se rendre compte par soi-même !

On peut sentir, à différents endroits du parcours, à l'aide de diffuseurs de type presse-bouton. Nous avons senti, notamment, l'huile essentielle de rose, l'absolue de rose, l'alcool phényl-éthylique (APE) qui donne à l'absolue de rose et à l'eau florale cette évocation de doux pétales.

On peut aussi faire connaissance avec certaines plantes à parfum comme le patchouli, le vétiver, le ciste, l'oranger amer, la rose, le jasmin, l'iris, qui sont cultivées à titre d'illustration dans une petite serre. L'été, sensation moite. L'hiver, sensation heureuse de terre bien arrosée.

Surprenantes, les reconstitutions de senteurs addictives telles que le tabac, le cannabis, le whisky... par le parfumeur Christophe Laudamiel. Hmm, le tabac... je l'ai trouvé superbe !

Une part importante du musée est consacrée à l'histoire du flaconnage du parfum. Une fresque historique qui relie les parfums best sellers à des évènements ou à des personnages historiques concomitants.

Un coup de coeur pour le papier peint décoré d'étiquettes de flacons vintage, embellissant les murs du MIP :

Papier peint du MIP étiquettes de parfums

Mais j'aimerais ici mettre en avant l'étage que le MIP consacre aux coulisses de la fabrication, non pas du parfum en soi mais des matières premières qui le constitueront.

Des mini reportages audio-visuels jalonnent notre parcours, alternant témoignages d'experts d'entreprises locales spécialisées dans les matières premières de parfumerie, et images issues de leurs laboratoires.

La distillation est le mode d'extraction le plus connu, elle est à la base des huiles essentielles utilisées en aromathérapie et représente le mode d'obtention des matières premières naturelles de parfumerie le plus répandu.

Comment les décrire ? Alignés, une série d'appareils métalliques voués à la distillation nous font face. Lorsqu'ils étaient cernés par les visiteurs estivaux, je trouvais que certains suggéraient les premiers sous-marins, à propulsion humaine, j'avais même trouvé une vague ressemblance entre l'un d'entre eux et un shadok ! Cet hiver, je m'approche d'eux dans le musée presque vide et silencieux. Je trouve alors qu'ils imposent le respect.

Evaporateur lenticulaire distillation MIP Grasse

Alambic vapeur n°1 MIP Grasse          Alambic vapeur n°2 MIP Grasse

Légendes du MIP de Grasse : photo de dessus évaporateur lenticulaire, 1ère moitié du XXème siècle, Grasse, photos de dessous : deux alambics vapeur et leur serpentin aérien, Antoine Chiris, Grasse, XXème siècle.

Le principe de la distillation repose sur la capacité de la vapeur d'eau à entraîner les principes aromatiques des plantes avec elle et à les restituer sous forme d'huile essentielle et d'hydrolat après que la vapeur ait été refroidie et soit redevenue liquide. La distillation porte en général sur une part bien précise de la plante : feuilles et tiges, sommités fleuries, bois, écorces, graines, racines. Les végétaux sont disposés dans l'alambic, une sorte de chaudière équipée d'une passoire qui laisse s'introduire la vapeur d'eau, les molécules odorantes sont alors entraînées par la vapeur, qui chemine dans un "col de cygne" pour être enfin refroidie en parcourant les méandres d'un "serpentin" réfrigéré. La vapeur ainsi refroidie se condense, les huiles essentielles, plus légères que l'hydrolat, flottent au sommet du "vase florentin" et après un temps de décantation, voici l'huile essentielle et l'eau florale prêtes à être utilisées !

La distillation n'a pas été inventée à Grasse mais l'industrie grassoise trouva des pistes d'amélioration du procédé au XIXème siècle et le procédé de distillation évolue encore aujourd'hui. Le MIP présente en particulier la distillation rectificative et la distillation moléculaire qui permettent d'obtenir des distillats plus épurés pour la parfumerie.

Les agrumes, quant à eux, ne sont usuellement pas distillés mais leur essence est "exprimée", l'huile essentielle étant située sur l'écorce de l'agrume. Nous découvrons une machine mise au point en Calabre dès le milieu du XIXème siècle afin de simplifier l'extraction des principes odorants. En premier, la machine rape les zestes, en second, elle les presse afin d'en extraire l'huile, puis suit une phase de décantation.

Machine à expression des essences d'agrumes MIP Grasse

La machine à expression des essences d'agrumes du XIXème siècle exposée au MIP de Grasse

Plus brièvement sont abordées les teintures alcooliques que le musée décrit comme n'étant plus guère utilisées que pour les matières premières animales de nos jours. Je relève l'information donnée par le musée que la réduction de la pratique des teintures serait survenue en raison des taxes sur le transport de l'alcool.

Agitateur ou Berceuse pour teintures alcooliques MIP

Légende du MIP de Grasse : agitateur à rotation alternative dit "berceuse", Roure Bertrand fils, 1ère moitié du XXème siècle, France

Il est amplement question de l'enfleurage. L'enfleurage concernait certaines fleurs dont l'extraction des principes aromatiques est quasiment impossible par la distillation : la rose, le jasmin, la fleur de tubéreuse... Il consiste à extraire les principes aromatiques des fleurs par imprégnation intensive d'une graisse (animale ou végétale), la graisse constituant une "pommade" qui est ensuite "lavée" à l'alcool dans des "batteuses", permettant ainsi le transfert des essences dans l'alcool. L'absolue est ensuite purifiée de l'alcool, donc concentrée et utilisable en parfumerie. Digestion à chaud au chaudron pour la rose ou la jacinthe, enfleurage à froid du jasmin ou de la tubéreuse à l'aide de cadres en verre sur lesquels les fleurs présentées à la graisse sont régulièrement renouvelées : les "châssis". Un procédé made in Grasse, exigeant en temps et en main d'oeuvre : selon le type de fleur, les explications du musée indiquent que celle-ci peut macérer entre 3 jours et une semaine dans la graisse pour libérer ses molécules odorantes jusqu'à épuisement, et l'opération peut être renouvelée jusqu'à 60 jours pour que la graisse soit saturée, ce qui veut dire qu'entre chaque renouvellement de fleurs, le châssis aura été secoué par une ouvrière (d'après les photos du musée, ce sont des dames) qui aura fini d'ôter les fleurs engluées dans la graisse manuellement, et aura réinjecté une quantité suffisante de fleurs sur le châssis pour qu'un autre cycle d'extraction se fasse. Mis à mal dès la fin du XIXème siècle par l'extraction à base de solvants volatils, plus productive, et la montée en puissance des matières premières synthétiques qui élargissent considérablement la palette du parfumeur, l'enfleurage a quasiment été abandonné.

Bain d'enfleurage à chaud MIP Grasse          Batteuses de concrètes et châssis d'enfleurage MIP

Cuves de digestion à chaud, batteuses et châssis utilisés pour l’enfleurage, exposés au MIP de Grasse

Les absolues ne sont plus désormais issues de l'enfleurage, elles sont obtenues par des procédés d'extraction "aux solvants volatils" tels que l'hexane actuellement, ou, plus récemment encore, le dioxyde de carbone à l'état supercritique. Les fleurs, mais aussi les résines, gousses, rhizomes, écorces... sont "lavés" de leurs principes aromatiques par un solvant qui justement, par sa capacité à se volatiliser aisément, ne reste pas dans le produit final. Là encore, Grasse joue un rôle primordial dans cette rupture technologique qui démarre dans les années 1870 pour ne cesser de progresser au cours du XXème siècle (l'extraction au CO2 supercritique a été mise au point en 1986). Les noms des producteurs de matières premières Roure et Chiris sont étroitement liés à la mise au point et à l'emploi en parfumerie de ces premières absolues.

Le MIP présente également les nouvelles molécules issues de la synthèse pétrochimique qui révolutionnent la parfumerie à la fin du XIXème siècle, où l'introduction d'une molécule synthétique dans un parfum était déjà en soi une grande nouveauté (Fougère Royale de Houbigant avec la coumarine en 1882 et Jicky de Guerlain en 1889 avec la vanilline et la coumarine). En recréant par un autre biais les molécules existant dans les extraits naturels, elles permirent une révision des proportions de ces dernières dans les compositions. Elles ont également nourri de nombreuses bases, contribuant notamment à rendre plus réalistes certaines reproductions, en particulier de fleurs blanches, puis elles se sont progressivement émancipées des modèles, suggérant des senteurs nouvelles non répertoriées dans la nature. Le public les cotoie aujourd'hui au quotidien dans les produits parfumés qu'il utilise.

Un zoom est également fait sur la technique du "headspace", qui permet de récupérer à l'aide d'un gaz inodore, d'analyser et de détailler avec précision les molécules odorantes constituant la senteur d'une plante à un instant t. La distillation ou l'absolue ne procurant pas systématiquement  le reflet exact de ce que nous pouvons sentir lorsque nous nous penchons sur une fleur par exemple, le headspace permettra aux compositeurs de parfums de reproduire, à l'aide des molécules odorantes en leur possession, une senteur qui sera la plus fidèle possible à l'odeur réelle de la fleur considérée.

Je crois qu'il n'est pas utile que je m'épanche davantage pour expliquer à quel point ce musée m'a plu. C'est un lieu que je revisiterai  en m'émerveillant encore, et dans lequel chacun pourra trouver, en fonction de ses affinités, l’Histoire, les senteurs, la technique, les flacons et le design, un peu de la Provence…

Pour 1€ de plus (l'entrée au musée de Grasse coûte 4€ pour un adulte), je suis allée cet été visiter les jardins du MIP à Mouans Sartoux.

La rose et le figuier entrelacés au jardin du MIP

La rose et le figuier entrelacés aux jardins du MIP, été 2015.

En dehors du MIP, des Parfumeurs historiques grassois tel que Galimard, Fragonard ou Molinard (je m'excuse par avance si j'en oublie) proposent des visites et des ateliers (payants) qui permettent aux visiteurs de se transformer en apprentis parfumeurs le temps d'une heure ou plus... un passage à la pratique qui complète de façon ludique cette belle immersion dans le monde du parfum.

 


mardi 5 mai 2015

Interview de Roseline Giorgis, cultivatrice de roses centifolia Baptistine à l'Isle sur la Sorgue, productrice d'absolue et d'hydrolat aromatique

Les beaux jours de la fin du mois d'avril m'ont donné l'opportunité de me rendre dans le sud de la France, à l'Isle sur la Sorgue, à la rencontre de Roseline Giorgis.

Roseline est cultivatrice de roses de Mai, appelées aussi roses "centifolia" en raison du grand nombre de pétales de la fleur, ou roses "de Grasse", s'agissant bien de notre capitale mondiale de la parfumerie, où cette rose est cultivée usuellement, pour en extraire une absolue rare et précieuse ainsi qu'une eau florale.

La particularité de Roseline, outre le fait que ses rosiers centifolia sont cultivés dans le Vaucluse (donc finalement pas si loin de Lyon), est le développement d'une nouvelle rose centifolia, la Baptistine, suite aux recherches de son père Baptistin Giorgis, disparu prématurément.

En plus d'un accueil chaleureux, cette femme authentique et passionnée m'a fait l'honneur d'une petite interview.

Roseline Giorgis portrait

Roseline Giorgis, cultivatrice de roses centifolia Baptistine et Présidente de l'association Rose des Arts.

Bonjour Roseline, comment décrivez vous votre activité professionnelle aujourd'hui ?

"Bonjour,

Mon parcours est atypique. Destinée à devenir parfumeur, ma passion pour l'art et la recherche m'ont tracé une carrière de créateur tour à tour dans le design, la peinture, jusqu'au brevet d'obtention d'une fleur d'exception.

La rose centifolia Baptistine que mon père, parfumeur Grassois, avait entrepris de chercher et que j'ai labellisée puis mise en culture à un niveau professionnel en étudiant au passage la permaculture biologique. Ceci a permis de proposer au public un jardin harmonieux plus qu'une exploitation agricole, où l'étude du rendement se fait en biodiversité dynamique avec, autour des roses, toutes sortes de plantes aromatiques et médicinales que nous avons prélevées dans la nature et apprivoisées en se cultivant (en cultivant les plantes, on se cultive soi-même !)... Pour aboutir à ces jardins de la Rose et du Parfumeur sur 2 ha, ouverts au public, présentant 200 végétaux d'origine sauvage méditerranéenne avec leur fiche identitaire sur un parcours de promenade botanique."

Présentez-nous votre rose, la rose centifolia Baptistine : ses caractéristiques, son histoire...

"La rose Baptistine est une vraie Rose de Mai centifolia de 108 pétales, très odorante, dans la lignée des roses Provençales cultivées au XVIIIème siècle, disparues à la suite d'un fléau bactérien vers 1800.

Joséphine de Beauharnais la recherchait déjà.

Mon père l'a retrouvée et j'ai stabilisé sa souche en culture et apporté l'identification botanique avec un brevet d'obtention végétale européenne."

Quels produits vendez-vous aujourd'hui à partir de vos rosiers centifolia Baptistine ?

"La concrète est extraite des roses en usine et se divise en huile absolue pure de rose et cire de rose parfumée.

La distillation en distilloir de cuivre est pratiquée sur place, au jardin, avec notre eau de source de Fontaine de Vaucluse très pure et pauvre en sels minéraux. La richesse des premiers litres extraits a permis de fractionner l'hydrolat en deux qualités, dynamique et biologique :

. L'eau Riche : très concentrée, contient de l'huile essentielle naturelle en dilution, antioxydante et parfumée.

. Et l'eau Classica : très hydratante et légèrement parfumée, utilisée en cosmétique et gastronomie.

La Rose est très douce, sans aucune amertume de pétales, ouvrant largement le champ gastronomique.

Les roses congelées en froid ventilé permettent leur utilisation en différé.

Nous proposons des roses séchées pour le thé.

Nous avons une gamme cosmétique bio frais sans alcool ni conservateur : contour des yeux, crème de jour et crème de nuit.

Nous présentons un baume à lèvres."

Parlons senteurs : comment décririez-vous l'odeur de l'absolue de rose issue de vos récoltes ?

"Ma rose est une rose de coeur.

Humer l'absolue facilite la méditation car elle écarte les parasitages et soutient la concentration nécessaire à l'ouverture de l'esprit. Mon absolue est millésimée, elle a le droit d'être un peu différente d'une année sur l'autre, contrairement à la production industrielle qui vise à produire des matières premières à l'identique, ce qui oblige à mélanger les millésimes.

L'absolue est puissante et stable, sans véritable note de tête, elle développe son bouquet en notes de coeur chaudes et offre de la profondeur en notes de fond.

L'éblouissement est son sillage tel un souvenir d'enfance heureuse."

Avez-vous des produits, projets, dates qui vous tiennent à coeur et dont vous aimeriez nous parler ?

"La récolte dure tout le mois de Mai jusqu'au 10 Juin.

Venez partager ces moments.

Dans le cadre des rendez-vous aux jardins organisés par le Ministère de la Culture, nous aurons sur le thème de la ballade un concert de Gianfranco Buffa au piano samedi 6 Juin à 21 h.

Tout l'été, la visite des jardins se poursuit avec dégustation de thés aromatiques glacés, bouchées gourmandes, biscuits, sorbets et Champagne à la rose.

Vous retrouverez ces produits sur le site http://www.lesartsdelarose.com et son histoire sur http://www.rosedesarts.com"

 

Merci beaucoup Roseline.

Pour ma part je suis ravie d'avoir fait l'acquisition de quelques millilitres d'absolue de rose centifolia Baptistine.

Celle-ci sera présentée, en plus des huiles essentielles et absolues de rose de Damas, parmi les matières premières lors du prochain atelier des Parfumeurs Amateurs consacré aux soliflores (le dimanche 14 juin 2015) et les participants à l'atelier collectif à l'année auront aussi l'occasion de faire connaissance avec elle.

Je rejoins Roseline quant à la linéarité de sa rose centifolia Baptistine, douce, miellée, pétale, évoquant un après-midi ensoleillé et paisible, dans un jardin de rosiers en fleurs.

Plusieurs mots me viennent, loin des analogies concrètes censées permettre de qualifier et cerner les odeurs : consolation, innocence, fragilité, pureté... alors on va se calmer et passer à la photo !

Rose centifolia Baptistine de Roseline

Ci-dessus, une rose Centifolia Baptistine en provenance de Roseline Giorgis.

 

Les deux photos de cet article sont publiées ici avec l'aimable autorisation de Roseline Giorgis.


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lundi 2 mars 2015

Voyage à travers l'histoire des flacons de parfums au Musée du Parfum - Museu del Perfum - de Barcelone

Quelques jours de vacances d’hiver à Barcelone, histoire d’échanger le climat hivernal blandinois contre un temps plus clément, presque printanier. Et retour sous la neige, comme il se doit !

Voici donc une petite famille  supplémentaire de touristes français dans cette capitale catalane qui en a l’expérience. Bien sûr, la visite du musée du parfum, c’était mon idée (très préméditée).  Avant de démarrer la visite, mes petits cœurs l’envisageaient comme un mauvais moment à passer mais il n’en a rien été. Musée de flacons de parfum peut-être, mais musée tout de même, et il y a toujours un style, une époque, une civilisation, une marque, une contrée à laquelle se raccrocher, un objet qui attire le regard, qui interpelle. Etonnements, rigolades et nombreuses photos pas toujours très bien cadrées. J’en ai sélectionné quelques unes pour partager cette visite instructive avec vous.

Flacons de parfum de la marque espagnole Dana

Commençons par quelques flacons de parfum de la marque espagnole Dana, ci-dessus.

Le musée du parfum de Barcelone est étroitement lié à la parfumerie Regia, temple de la parfumerie d’auteurs. Il est  situé au 39 Passeig de Gracia, juste à côté des Pedrera de Gaudi. Cette parfumerie existe depuis  1928, fondée par Don Josep Giralt Giralt  et c’est sous l’impulsion de  Ramon Planas Buera (1920-2011), son beau-fils passionné d’histoire et lui-même collectionneur, que le musée a vu le jour en 1961. Sa famille, plus particulièrement Ramon Maria Planas Giralt, Francesc Planas Giralt, Josep Planas Giralt, continue son oeuvre aujourd'hui.

Une visite chronologique et structurée sur l’art de façonner des flacons de parfum de l’Antiquité à nous jours. A la parfumerie Regia, on sent. Au musée, on regarde. Pas d’accompagnateur ni de rythme imposé, ce qui permet à chacun de faire ses découvertes et de prendre toutes les photos qu’il désire. S’agissant d’un musée privé, le prix d’entrée est modique (5€ par personne).

Nous découvrons avec plaisir des amphorisques, aryballes, lécythes et alabastres datant de Grèce antique (VIIè siècle avant JC et après) ainsi que de jolis flacons romains en verre presque transparent, aux formes oblongues et aux reflets nacrés. Quelques objets égyptiens datés à environ 5000 à 3000 avant JC viennent compléter cette exposition de contenants à matériaux parfumés.

Flacons de parfum - Antiquité grecque - Musée de Barcelone

Ci-dessus et ci-dessous, flacons en terre cuite en provenance de Grèce antique, destinés à contenir des huiles parfumées.

Amphore Grèce Antique - Musée du Flacon de Parfums de BarceloneCi-dessous : flacons à parfum en varre, Rome antique.

Flacons de Parfum en Verre Rome Antique - Musée du parfum BarceloneCi-dessous : flacons à parfum en terre cuite d'origine égyptienne, datés de l'ère pré-dynastique (avant -3000), à visée esthétique ou liturgique.

Flacons de parfum - Egypte Antique - Musée de Barcelone
 

Lien avec le divin, soin, accessoire d’hygiène ou accessoire de beauté, selon l’usage, lieu public, sphère privée, voyage, selon le lieu, le flacon s’adapte et mobilise les savoir-faire artisanaux et industriels.

Coffret en bois pour essenciers - Musée du Parfum de Barcelone

Ci-dessus, ma légende : essences précieusement gardées dans des coffrets à malice !

 

Les essenciers présentés par le Musée du Parfum de Barcelone, datant  des XVIIIème et XIXème siècles, illustrent ce travail autour de la matière, mêlant esthétique et fonctionnalité.

Travail de la matière pour ce coffret en bois et ces flacons de parfum en porcelaine du Museu des perfum de Barcelone

Ci-dessus, exemple du travail du bois et de la porcelaine.

Petits flacons et figurines en porcelaine émaillée ou vernie, associations entre verre, et métal (ou cristal et argent), écrins-coffrets pour les flacons eux-mêmes, les manufactures et les artisans européens rivalisent d’ingéniosité, le parfum ne peut en être que valorisé !

Essenciers dans flacon sphérique aux reflets nacrés - Museu des perfum BarcelonaCi-dessus : essences présentées et préservées dans un étui très... rococo, non ? !

Il y a tant de trésors dans ce musée qu’il m’a fallu faire un choix, mon album photo vous emmènera donc regarder de plus près les essenciers cette fois-ci, car j'ai vraiment été impressionnée par la collection.

Essenciers en porcelaine - Figurines - Musée du Parfum BarceloneCi-dessus et ci-dessous : essenciers en porcelaine en provenance de différentes manufactures européennes. Travail du détail.

Essenciers en porcelaine - Musée du Parfum de Barcelone

 

Essenciers en verre coloré du Musée du Parfum de BarceloneCi-dessus : flacons en verre coloré surmontés d'un capuchon métallique, ci-dessous flacons de type rouleau d'eau de Cologne et mallette pour couple d'essenciers.

Essenciers de type Rouleau de Cologne du Musée du Parfum de Barcelone

 

Essenciers à Sels - Musée du flacon de parfum de BarceloneCi-dessus : essenciers pour sels parfumés, accessoires discrets et, plus clinquant, essencier qui s'accroche à la ceinture.

Essenciers de ceinture - Musée du parfum de Barcelone

 

Essenciers aux allures de Murano - Musée du Parfum de BarceloneCi-dessus et ci-dessous : un charme tout  vénitien pour ces petites flasques en porcelaine ou pierre.

Essenciers en Pierre - Musée du Parfum de Barcelone

 

Essenciers dans leur écrin - Musée du Parfum de Barcelone

Ci-dessous et ci-dessous, les trios d'écrins précieux : le parfum écrin de beauté, le flacon écrin du parfum, le coffret écrin du flacon.

Essenciers dans leurs coffrets de boudoir - Musée du Parfum de Barcelone

 

J’aurais pu aussi bien vous montrer de magnifiques objets insolites d’origine japonaise, chinoise, thaïlandaise, indienne, turque, des aspersoirs d’eau de rose d’artisans musulmans, des brûleurs de copal mexicains…

Une grosse erreur serait de croire qu'en parcourant ces photos, vous avez tout vu de ce musée.

Le parcours du visiteur est un voyage dans le temps qui, contrairement à ce que je laisse supposer avec ces images, explore aussi, avec de nombreux specimen, la naissance de la parfumerie moderne, et celle des flacons de parfum des créateurs de mode avec l’appui des grands maîtres verriers. Marques historiques, marques tombées dans l’oubli, marques prestigieuses aujourd’hui… En citer quelques unes, en taire beaucoup d’autres, selon quels critères et est-ce vraiment nécessaire ?

Si vous passez un jour à Barcelone, peut-être pourrez-vous visiter vous-même et focaliser votre attention sur d’autres flacons de parfum, correspondant à vos propres préférences (miniatures, poudriers, factices…). Le musée abrite plus de 6000 pièces.

Et aussi prendre le temps de sentir quelques opus mis en avant par les experts en parfumerie de niche de la  parfumerie Regia…

http://www.regia.es/es/215-marcas

En attendant, je vous propose ma petite sélection à moi.

Adios / Adeù !

Flacons rétro du Musée du Parfum de BarceloneFlacons vintage du musée du parfum de BarceloneFlacons anciens vaporisateur à poire musée du parfum de BarceloneFlacons rétro de boudoir ou de coiffeuse - Musée du Parfum BarceloneCi-dessus quatre photos de flacons avec poire, mes chouchous, vintage à souhait !

 

L'univers girly des flacons de parfums Estée Lauder - Musée du Parfum BarceloneLe chic des flacons de parfum de la marque AmouageEscada et ses flacons de parfum féminins et gracieuxCi-dessus : tout en haut, flacons Estée Lauder,au milieu, Amouage,  tout en bas, Escada.

 


dimanche 2 novembre 2014

Visite du Musée du Parfum de Prissé : à la rencontre d'une passionnée et de ses 4000 (et plus) flacons de parfum de collection

Photo n° 1 : musée du Parfum de Prissé, vue d'ensemble

Je souhaitais depuis longtemps aller à Prissé afin de visiter le Musée du Parfum et, les derniers jours d'octobre ayant décidé de nous offrir leur plus beau soleil, je m'y suis enfin rendue.

Le Musée du Parfum se situe à Prissé (plus précisément : Colonge) dans le Beaujolais, non loin de Mâcon, à une soixante-dixaine de kilomètres de Lyon.

Il s'agit d'un musée privé, installé dans une gentilhommière qui abrite quatre chambres d'hotes et, ponctuellement, accueille des expositions artistiques.

A l'origine de ce musée, la collectionneuse de flacons de parfums Nathalie Lancier, qui offre au public un accès visuel à plus de quatre mille bouteilles de parfums, le fruit d'une passion qui dure depuis quarante cinq ans pour le parfum, et surtout ses écrins, sous toutes leurs formes.

La visite est totalement gratuite, il suffit de convenir d'un rendez-vous avec la propriétaire, et elle prendra le temps de vous accompagner tout au long de votre parcours, et de vous donner les explications nécessaires.

Pour ma part, j'y suis restée un peu plus d'une heure et demie, et j'espère y retourner prochainement tant le sujet est vaste, Nathalie se faisant un plaisir d'agrémenter la visite par des anecdotes surprenantes.

La palette des tailles des flacons de parfum est particulièrement étendue.

On y trouve des flacons miniatures, échantillons, flacons bijoux de type pendentif porte-parfum et, plus surprenant, un lot de très fines ampoules à parfum, pas plus épaisses que des épingles à cheveux, destinées à accompagner Madame lorsqu'elle voyageait en avion, chaque ampoule étant prévue pour dispenser un jour complet de parfumage.

La collection est constituée de flacons de parfum de taille classique bien sûr (entre 30 et 150 mL) mais aussi de formats plus généreux et, pour les amateurs de flaconages XXL, de nombreux factices de marques de parfums haute-couture.

Musee_du_Parfum_Prisse_Dans_la_Nuit_Worth.jpg

Photo n° 2 : Musée du Parfum de Prissé, Dans la Nuit - Worth

Produits plus spécifiques, des boîtes et pots destinés à contenir les parfums solides de type concrètes, des flacons de sels, des boîtes à poudres et fards parfumés sont également exposés, et avec l'aimable courtoisie de Nathalie Lancier, vous trouverez dans ce post quelques photos reprises sur le site internet du musée : http://www.museeduparfum.com.

Musee_du_Parfum_de_Prisse_divers_poudriers.jpg

Photo n° 3 : Musée du Parfum de Prissé, nécessaires à poudre, maquillage...

La présentation est structurée selon les époques, par exemple la parfumerie des têtes couronnées, la naissance de la parfumerie moderne, les années folles et art déco, l'époque contemporaire et nous pouvons suivre les parfumeurs Houbigant, Piver, Guerlain, Coty, le Galion aussi bien que les créateurs de mode du XXème siècle qui ont fait du parfum un accessoire d'élégance incontournable.

Photo n°4 à gauche : Musée du Parfum de Prissé, Paris de Coty - Photo n° 5 à droite : Musée du Parfum de Prissé, l'univers rose fuschia d'Elsa Schiaparelli

 

 

 

 

 

 

 

         

         

Même banalisé, le parfum reste un produit précieux, un élixir olfactif dont l'habillage réjouit un sens supplémentaire, le sens visuel, et pour lequel les Lalique, Baccarat, Viard ont conçu des parures à la hauteur de l'enjeu.

Les lieux ont aussi leur importance, un pan de l'exposition est d'ailleurs consacré à Grasse. Nous pouvons aussi comtempler des flacons issus des pays de l'Est, des pays arabes, de Chine ou du Japon, ainsi que de la parfumerie américaine.

Flacon_de_parfum_arabe_Musee_du_Parfum_de_Prisse.jpg

Musée du Parfum de Prissé, flacon de parfum arabe. Ma photo (désolée pour le flash !)

Aimez-vous l'histoire de la parfumerie et les beaux flacons de parfum ? Le Musée du Parfum de Prissé contient forcément quelques spécimens dignes de ravir vos yeux ou de satisfaire votre curiosité. Voici ses coordonnées :

Le Musée du Parfum

Nathalie Y. Lancier

Route de Lamartine - Colonge - 71 960 Prissé - France

Tél : 03 85 37 80 73

http://www.museeduparfum.com

 

Photos n° 1, 2, 3, 4, 5 avec l'aimable autorisation de Nathalie Lancier, que je remercie pour son accueil chaleureux et sa passion qu'elle sait si bien communiquer.

 

 


jeudi 18 septembre 2014

« Jardins des cloîtres, jardins des princes… Quand le parfum portait remède » : une jolie exposition au Musée de Saint-Antoine-l’Abbaye

En région Rhône Alpes, rares sont les manifestations autour du parfum. Alors je me suis rendue avec plaisir et curiosité au Musée de Saint-Antoine-l'Abbaye, qui se trouve à un peu plus d'une heure de mon domicile. Cap sur Saint Marcellin donc, en prenant la petite route qui traverse Saint Siméon de Bressieux, verte, fraîche (ensoleillée ce jour-là) et qui jouxte, en se tortillant, la forêt domaniale de Chambaran.

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Le public parcourt différents panneaux comportant textes, images et même compositions parfumées pour illustrer le propos. Pour les sentir ? Facile : elles sont fixées au mur, actionnables par pression sur une petite poire à parfum, une flèche sur le mur indiquant l'endroit où va sortir la senteur.

Nous démarrons la visite par le parfum portant remède. La liaison se fait tout naturellement avec l'histoire de l'Abbaye. Du moyen-âge au XVIIIème siècle, le village de Saint-Antoine-l'Abbaye a abrité deux communautés à vocation hospitalière pratiquant la charité, ainsi que les soins aux malades et aux plus démunis. Les religieux cultivaient les plantes médicinales dans leur jardin et confectionnaient avec elles les produits de soins et parfums nécessaires à l'aromathérapie. Ils étaient aux premières loges pour combattre la maladie et les grandes épidémies, qui ont éclairci leurs effectifs aussi.

Découverte du "baume de Saint-Antoine", un remède employé dans la lutte contre le "mal des ardents" ou "feu de Saint-Antoine", dont nous savons aujourd'hui qu'il est lié à un champignon qui infecte les céréales, en particulier la farine de seigle. Tout près, se trouvent le vinaigre des 4 voleurs, l'eau de la Reine de Hongrie (dont l'usage, en 1370, marquerait la naissance de la parfumerie alcoolique), l'eau des Carmes...

Nous avançons dans le temps et découvrons les jardins des princes. La grande peste de 1348 ayant décimé le quart de la population européenne, les jardins des seigneurs se développent dans l'optique de se protéger des épidémies par les parfums.

Nous voyageons aussi, les échanges commerciaux et la découverte des nouveaux mondes enrichissant la palette des saveurs et des senteurs avec des épices, de la vanille, du cacao, du café, du thé, et des matières premières animales.

Grimaces d'enfants (et de parents) devant le vaporisateur d'extrait de civette. Et devant d'autres, car certaines compositions sont puissantes olfactivement. Je mesure aux visages et aux commentaires le décalage entre les parfums jugés de bon ton aujourd'hui et une esthétique olfactive pas si ancienne que cela.

Nous suivons les dates-clé de la profession de parfumeur,  longtemps hébergée par diverses corporations, et accédons aux fragrances favorites de quelques tout-puissants d'avant et après la Révolution Française.

Et nous voici en compagnie de la rose, la fleur qui orne et embaume tout aussi bien les jardins des cloîtres que les jardins des princes. Senteurs suaves. Je reste comme hypnotisée par le film sur la culture et la distillation de la rosa damascena au Maroc. Beauté des fleurs. Plaisir contemplatif.

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Une porte ouverte nous attire vers un petit jardin frais et très structuré. C'est le "jardin médiéval, entre Orient et Occident". Laissons reposer un instant nos nez remplis des effluves de plusieurs siècles d'histoire du parfum. Et terminons la visite en regardant les pomanders (destinés aux parfums solides), les vinaigriers (destinés aux parfums liquides) ainsi que les flacons en porcelaine et en verre qui soulignent les progrès technologiques faits à partir du XVIIIème siècle sur ces deux matériaux et illustrent les trésors d’inventivité et de créativité artistique déployés depuis.

Je suis sortie enchantée de cette visite à entrée gratuite, au riche contenu historique et olfactif. L'historienne Annick Le Guérer est la commissaire de l’exposition et des textes. Elle est l’auteure, entre autres, du livre éponyme "Quand le parfum portait remède… Jardin des cloîtres, jardins des princes" aux éditions Garde-Temps, "Le Parfum, des origines à nos jours" aux éditions Odile Jacob, "Les pouvoirs de l’Odeur" aux éditions Odile Jacob.

Je trouve que Saint-Antoine-l’Abbaye est un village qui mérite plus qu’une simple visite au musée. Homologué parmi Les Plus Beaux Villages de France ®, il propose des visites permanentes du patrimoine et des expositions temporaires comme, du 6 juillet au 5 octobre 2014  : "Gemmes, une brillante histoire" et fournit un cadre intéressant pour une journée en famille.

L’exposition sur les parfums se terminera le 10 novembre 2014.


samedi 21 juin 2014

Devenez "Chevalier du Parfum" en soutenant financièrement les actions de la Perfume Foundation International !

 

La Perfume Foundation International est une organisation belge sans but lucratif créée en 1995. Elle pose un regard qui vise à défendre le patrimoine historique et la qualité dans la création des parfums, tout en protégeant l'environnement et le consommateur. Dans cette vision, les matières premières naturelles et en particulier les fleurs retrouvent la place de choix qu'elles avaient perdue avec la montée en puissance de la parfumerie utilisant la chimie de synthèse.

Voici un lien vers sa vision des choses, exprimée en français : http://www.perfumefoundation.org/index2.php?FR-home.

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Photo : 1950, un Chypré d'Isabelle Gellé (parfum naturel actuel)

Je vous invite tout particulièrement à visiter le blog de la Perfume Foundation International nommé  http://www.routesduparfum.blogspot.fr si vous désirez voyager dans le temps et parcourir le monde à travers le filtre du parfum, comprendre sa dimension culturelle et découvrir des photos de flacons de parfum qui sont à la fois des objets d'art et des témoignages du passé.

Si vous avez envie d'aller plus loin avec la Perfume Foundation International, voici un autre lien : https://www.indiegogo.com/projects/world-perfume-heritage, par lequel la Perfume Foundation International vous propose même de devenir un "Chevalier du Parfum" en soutenant financièrement son action. A vous de jouer !

 

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Flacon artisanal récent, de confection française


dimanche 2 mars 2014

Souvenirs du salon du parfum et des accessoires de mode de Mornant, le 2 mars 2014

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En ce dimanche ensoleillé, je me suis rendue, accompagnée d'une amie créatrice de collants, au salon du parfum et des accessoires de mode qui se déroule chaque année à Mornant, charmante bourgade rhodanienne.

Nous devons cette manifestation à l'Association des Amis des Arts de la Région de Mornant, qui organise différents temps forts en lien avec les arts (salons, expositions, ateliers) tout au long de l'année.

Un lien vers cette association : http://www.amisdesarts.org

Un salon où les collectionneurs, fidèles au rendez-vous, exposent et vendent des pièces pour en racheter d'autres plus proches de leurs préférences. On y trouve toutes sortes de flacons de parfum miniatures, des échantillons, des flacons grand public ou des éditions limitées, des flacons factices aux tailles imposantes, des cartes parfumées, des objets publicitaires, des coffrets, des gammes collectors et quelques flacons de parfums anciens dont un peu de jus réside encore à l'intérieur. C'est à ces flacons-là que j'ai accordé le plus d'attention, reniflant autour du flacon en espérant sentir dans le carton ou près du bouchon un effluve de tel ou tel parfum ancien disparu des boutiques depuis longtemps (attention à ne pas ouvrir les flacons !).

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Les deux photos ci-dessus : Emeraude, de Coty. Contenance de la miniature : 0.40 Oz (env 12 mL)

Date de la création du parfum : 1921. Datation de cet objet : ?

Le bouchage est un peu déficient, ce qui explique les tâches du jus sur l'écrin lorsque la bouteille a été couchée. Le parfum a forcément subi quelques séquelles, mais je témoigne que sa fragrance est particulièrement intense et capiteuse. Après une entrée en matière en agrumes, ma première perception a été un bouquet floral poudré, où le jasmin et l'iris domineraient. Puis, je perçois des notes ambrées, baumées mais bien soutenues par un fond boisé en balance avec  son onctuosité poudrée.

Ce parfum n'existe plus tel quel mais on peut aisément trouver une version Cologne d'Emeraude de Coty sur des websites anglophones. La concentration est allégée et cette fois-ci, l'acidité des agrumes est bien perceptible. Cependant, le bouquet floral caractéristique est toujours présent, avec ses notes irisées, légèrement gourmandes et il permet à cette Cologne une installation dans le temps.

COLOGNE_SPRAY_EMERAUDE_COTY_2014.jpg

 

Puis, je suis tombée sous le charme d'un flacon dont je n'ai pas pu sentir la fragrance, car il est tout simplement impossible à ouvrir !

Il s'agit d'Intoxication, des Parfums d'Orsay. Sur le web, je lui ai trouvé plusieurs dates de création : 1938, 1939 et même 1942.

Je trouve ce nom plutôt dévalorisant pour un parfum. Une suite, nommée "Intoxication d'Amour" n'est plus commercialisée actuellement non plus.

Le design de la boîte et le graphisme sont un poème à eux tous seuls. La base du  flacon, en forme d'astre à dix branches, s'insère parfaitement dans celle de la boîte, recouverte d'une étoffe rose assortie à la couleur intérieure du flacon.

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INTOXICATION_D_ORSAY_BOITE_FERMEE_COTE_DOS.jpg

Et voici le flacon d'Intoxication dans sa boîte ouverte :

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J'ai aussi craqué pour cette image publicitaire au graphisme si romantique :

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La maison de parfums d'Orsay trouve son origine en 1830 dans l'histoire d'amour contrariée entre le jeune Dandy Alfred d'Orsay et Marguerite, initialement l'épouse d'un autre.

Pour en savoir plus, voici un lien vers le site des Parfums d'Orsay : http://www.dorsay-paris.com

 

Voici une page publicitaire du parfum Ma Griffre de Carven, avec le slogan "Ma Griffre, un parfum jeune". Créé par Jean Carles en 1946, ce parfum est un floral (jasminé) aldéhydé aux notes de têtes citronnées particulièrement toniques. Son emballage fait référence à une robe aux rayures vertes et blanches qui fut un succès de la maison Carven et aujourd'hui encore, les boîtes le contenant ont toujours ce design rayé vert et blanc. (http://www.carven-parfums.com)

MA_GRIFFE_CARVEN_IMAGE_PUB_AVEC_DEVANT_FLACON_ET_BOITE_ACTUELLE.jpg

 

J'ai aussi acquis une édition limitée récente de type "rouleau de l'Empereur" de l’eau de Cologne extra-vieille « Jean-Marie Farina » de Roger et Gallet. Le flacon est au tiers plein, très belle senteur !

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Voici ce qui est inscrit :

Distillateur à Paris depuis 1806

Ancien Fournisseur

de sa Majesté Napoléon 1er Empereur et Roi

Et des principales Cours d’Europe

ROGER_ET_GALLET_ROULEAU_DE_L_EMPEREUR_ZOOM_ETIQUETTE.JPG

Et voici une des versions commercialisées en 2014 de l'eau de Cologne Jean Marie Farina (http://www.roger-gallet.fr) :

ROGER_ET_GALLET_COLOGNE_JM_FARINA_RECENTE.jpg